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 INCENDIE

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Éric
Administrateur - Enchanteur de l'orphelinat


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MessageSujet: INCENDIE   Ven 27 Jan - 10:59

Description a venir - vous pouvez poster

_________________
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Ven 27 Jan - 11:00

« Le roi est mort » s’écriait le fou dans son habit d’un ridicule morbide, alors que la petite populace avait été laissée de côté par cette information cruciale, Vahamon lui, avait appris la triste nouvelle d’une manière bien différente. Le nez plongé dans ses livres, dans le bureau qui lui servait de repère, un serviteur s’était approché de lui et lui avait annoncé sans aucune délicatesse la mort du roi. Le visage de l’inquisiteur s’était décomposé, sa plume d’argent s’était échappée de ses doigts et son âme s’était profondément assombrie. Le roi, certes, n’était qu’un homme... Mais cet homme avait tenu les rênes du royaume du mieux qu’il avait pût en s’assurant d’une certaine équité et d’une justice envers le peuple du royaume d’Adara. Un bon roi était mort, un homme de justice avait trépassé. La première question de l’inquisiteur fut bien évidemment les circonstances de la mort du roi. Les circonstances en soi étaient laissées très nébuleuses, même envers les membres de la cour royale. La scène du crime avait été bouclée et quelques heures à peine plus tard, la nouvelle que le traître Nogait s’était échappé de sa cellule, avait suffît à le blâmer pour le meurtre du roi. Quelques heures plus tard, arrivant tel un sauveur dans un château en deuil, le frère ainé du roi, Venceslas, était apparût accompagné de sa propre garde. En moins de quelques heures, il avait fait fermer les portes de la cité et s’était entretenu avec les membres de la cour du roi.

Sans tarder, l’aîné s’était assuré d’obtenir la régence du trône jusqu’à ce que Charles atteigne la majorité, une démarche qui avait fait sursauter la plupart des nobles, mais qui plaisait à une évidente majorité. L’inquisiteur se garda bien d’exprimer ses pensées lorsque l’intransigeant personnage lui avait demandé de lui remettre tous les documents qu’il avait sur les enchanteurs du royaume. D’une manière rustre, sans aucune salutation, sans plus de présentation personnelle, il lui commanda même d’abandonner son bureau et de lui laisser le temps qu’il étudie cesdits documents. Vahamon s’était alors retiré du château, frustré par cette prise de pouvoir qui reléguait son pouvoir à une vision fantoche de son rôle, il avait échoué dans sa mission de protéger le royaume ainsi que le roi, l’un était mort et l’autre ne tarderait pas à sombrer dans le chaos.

Une auberge miteuse lui semblait donc le seul endroit de circonstance, sortant du château afin de respirer l’air de la citée, une citée qui était en deuil et qui pleurait son roi. À l’intérieur de l’auberge, les paysans levaient leurs cruchons de bière à la santé du défunt roi et maudissaient à voix haute les misérables enchanteurs. Seul, contre le temps, l’inquisiteur sirota bien malaisément son vin, ignorant le violoniste près du feu, ignorant le voyageur de grand chemin et ne portant qu’une attention passagère vers le robuste décolleté de la pourvoyeuse de charme. Celle-ci tenta tant bien que mal d’attirer la noble bourse que l’inquisiteur possédait, mais il déclina l’invitation brusquement, préférant sans le moindre doute le goût de son vin plutôt que de la compagnie d’une grande dame des auberges.

Lorsqu’il eut cuvé son vin, l’inquisiteur demanda à l’aubergiste de lui louer une chambre et il y dormit jusqu’au petit matin. L’avant-midi était d’ailleurs bien entamé lorsqu’il sortit de l’auberge afin de retourner au château. La place du marché débordait d’activé et les ruelles grouillaient de gardes armées jusqu'aux dents. Vahamon assista à d’horribles scènes, une femme frappait par l’extrémité d’une lance, car elle refusait de parler contre une de ses voisines, le citée était fouillé de fond en comble, une véritable chasse aux sorcières était engagée afin, sans doute, de retrouver Nogait. La chose lui semblait bien futile, le traître à son royaume avait sans doute pris la poudre d’escampette vers des lieux plus agréable à sa présence. Le nouveau régent n’avait décidément pas perdu de temps à mettre en place ses nouvelles politiques. Sans doute avait-il rêvé de la mort de son frère plus d’une fois afin de prendre sa place, une pensée injuste, mais qui ne lui semblait que des plus réelles.

Ce fût à ce moment, très précisément, qu’un garde vînt à sa rencontre et lui ordonna de se présenter immédiatement à la garnison près du château. Marchant d’un pas rapide, il soupira profondément en poussant la porte de celle-ci. Un homme d’une grande taille, d’un noir et d’argent vêtu, lui tendit un parchemin plié en lui indiquant qu’il s’agissait d’une mission ordonné par le régent Venceslas. Vahamon le lut une première fois, plissa les yeux, le lut une seconde fois et le tendît de nouveau aux gardes qui se tenaient devant lui. D’un regard amer, il ordonna au garde de lui apporter une lance, une épée et un bouclier. D’un mouvement rapide, il enfila ses vêtements d’inquisiteur, sans se soucier de la présence des gardes et il revêtit finalement sa sombre tunique au-dessus d’une cotte de maille bien taillée à sa taille. Un aigle orange couronnait le devant ainsi que le derrière de sa tunique, une signature qu’il avait demandé expressément afin de représenter son rôle, ironiquement accordé par le roi avant que celui-ci ne meure.

Armé de sa lance, de son bouclier et de son épée qui était attachée à son fourreau, il ordonna à une vingtaine de gardes de le suivre et il arriva finalement devant ce qui était vraisemblablement un orphelinat, « un repère d’enchanteur » comme cela était indiqué dans l’ordre de mission qu’il avait reçu. L’inquisiteur soupira, voyant les gardes décharger avec une mine ébaubie les tonneaux d’huile qui devait être utilisée. Dernière son masque de fer, le visage de l’inquisiteur n’était pas surpris, mais bien horrifié par la mission qui lui était confiée. S’il ne l’exécutait pas, il prouverait sa mauvaise volonté envers la couronne et pouvait par conséquent être considéré tel un traître. Le cas échéant, nul ne prendrait sa défense et l’échafaud serait sans doute son ultime, soupire. On lui imputerait sans doute le fait que Nogait se soit échappé et on l’accuserait de tous les méfaits qui sévissaient à travers le royaume. D’une main brusque, il ordonna aux gardes d’arrêter un moment le déchargement des tonneaux d’huile. Le plus grand des gardes, celui qui devait être l’agent du régent, le fixa d’un regard sombre avant de lui dire qu’ils avaient des ordres précis à respecter. L’inquisiteur se retourna alors brusquement et s’avança vers l’agent de Venceslas, le tempérament habituellement froid qu’il possédait s’évanouît à la seconde même où il devait honorer sa « loyauté » en détruisant un repère d’enchanteur sans ne poser aucune question, alors que ce même repère était un orphelinat réputé recevant divers dont de nombreux nobles. Les ordres du gardien du trône d’Adara étaient d’une simplicité absolue, « brûlez le repère des enchanteurs et tuer tout ce qui en sortira ou tout ce que vous y trouverez.» Aucune arrestation, aucun procès, qu’une mort pour les hommes, femmes et enfant de l’orphelinat, qu’ils soient des enchanteurs avérés ou non, le simple fait qu’il devait tuer un enfant le répugnait.

« Retournez dans les rangs immédiatement, tonna l’inquisiteur à l’imposant garde, où j’allumerais ce brasier à même votre chaire. »

Le grand gaillard maugréa quelques mécontentements inaudibles alors que les autres gardes semblaient trouver la situation très amusante, du moins jusqu’à ce Vahamon leur ordonne d’enfoncer la porte de l’orphelinat.

Lorsqu’elle fût enfoncée, Vahamon ordonna à deux gardes de le suivre et il pénétra à l’intérieur du repère d’enchanteur sachant qu’il venait déjà de désobéir à l’autorité suprême d’Adara.

Lorsqu’il aperçut un groupe de personne s’avancer vers lui, Vahamon ordonna à ses deux gardes de ne faire aucun mouvement brusque et de les laisser parler.
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Ebba
Enchanteresse de l'orphelinat


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MessageSujet: Re: INCENDIE   Sam 28 Jan - 11:53

Ebba avait soif, alors elle décida prendre de l'eau dans le seau de la cuisine. Sa gorge sèche lui faisait mal. Elle ne voulait pas réveiller Nils, sachant qu'il se sentirait obligé de l'accompagner, mais lorsqu'elle ouvrit la porte, celle-ci grinca terriblement. D'autant plus discret que le bruit fit peur à Ebba et qu'elle lâcha un petit "Oh!" bien sonore dans le silence de la nuit.

-Ebbikou? Qu'y a-t-il? fit son frère en se frottant les yeux.

-C'est rien, j'ai juste soif, je vais chercher de l'eau, reste au lit. lui répondit la fillette, un peu énervée par le surnom stupide.

Nils lui sourit. Évidemment qu'il ne la laisserait pas seule! Il se leva et ils allèrent ensemble à la cuisine.
Ebba bût. L'eau lui faisait tant de bien! Elle plongea la tête dans le seau. Elle adorait sentir la douce fraîcheur contre son visage, entendre les clapotis de l'eau contre sa peau, puis, lorsqu'elle immergait ses oreilles, le silence sourd de l'onde.
Nils l'aggrippa soudain par le dos de sa chemise de nuit et la releva brusquement. Ebba ne comprit pas pourquoi il faisait ça alors qu'il savait qu'elle détestait ça. Puis elle entendit le bruit. Le craquement déchirant du bois qui se brise. Des voix d'hommes.

"Vous et vous! Suivez-moi."

Nils la secoua.

-On va chercher un prof! Vite!

Il la poussa vers l'escalier qui grimpait aux étages. Mais elle ne pouvait pas monter. Elle s'en trouvait incapable. Ses jambes ne voulaient pas marcher. Ils se retrouvèrent dans le couloir, devant trois hommes gigantesques selon la fillette. Celui qui était tout devant faisait très peur, il était tout en noir, et on ne voyait pas son visage dans l'obscurité de couloir. En plus, il était à contre-jour avec la lumière de torches qui étaient derrière lui. Ebba ouvrit la bouche pour hurler, mais ses cordes vocales aussi étaient en grève. Avec ses jambes, ça faisait la paire. Elle ouvrit de grands yeux bleus, et, incroyablement mignonne, dévisagea avec crainte l'Inquisiteur.

-Qui êtes-vous et que voulez-vous? cracha soudainement Nils.

Son frère avait dû repousser la peur qui menaçait de le faire vomir pour sortir ces simples mots. Il la tenait encore et elle le sentait trembler. Elle ne quitta pas la sombre figure des yeux. Qu'il était grand... Qu'il était obscur... Ebba, inexplicablement, sentit une sorte d'émerveillement se mêler à sa crainte. Mais la peur pouvait encore se lire dans ses grands yeux innocents.
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Brian
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Mar 7 Fév - 7:51

Brian était depuis une semaine, le mari et le père le plus comblé de tous. Sa chère et tendre avait enfin enfanté. Les neuf mois de grossesses avaient parues au professeur une éternité. Mais était né un joli petit garçon qu’ils avaient baptisé Grégory. Brian avait eu l’occasion de passer la semaine avec eux. Il aurait voulu que le temps s’arrête pour qu’il puisse admirer davantage son fils. Il avait hérité de lui son calme. C’était un bébé qui ne pleurait pratiquement pas. Pour le plus grand bonheur de sa mère et des voisins. Le bambin avait pour le moment ses jolis yeux bleus d’enfants et une chevelure très présente. Il était aux yeux de Brian, la plus belle réussite de sa vie.
Depuis qu’il était revenu de sa semaine de congé, il était sur un petit nuage. Même les enfantillages d’Hickory ne l’énervaient pas et il se contentait de lui poser la main sur la tête en lui souriant. Grégory ne quittait jamais son esprit.
Ce soir là, alors qu’il était de garde, sa première garde depuis la naissance de son fils, il ne trouva pas le sommeil. Il se mit alors à écrire, écrire une bonne partie de la nuit, puis sans s’en rendre compte s’endormit sur ses notes.
Il fut alors réveillé par un gros bruit de fracas. Quelle idée avait encore pu inventer les pensionnaires de l’orphelinat ?
Il sortit de la chambre. Quelques autres pensionnaires avaient également été réveillés.

-Bon qui a fait ça et avec quoi ?

Tous semblèrent ne pas comprendre de quoi il parlait. Soudain il entendit des voix à l’étage. Des voix enfantines et grave. Il y avait des enfants… Et des adultes.
Panique……
Non… Ce ne pouvait être la garde. Non. Impossible. Pourtant… Pourtant même en cas de doute il ne pouvait faire courir le moindre risque aux élèves. Tous se demandaient se qui se passaient.

-Qui est en haut ??

Evidemment…. Ils ne pouvaient pas le savoir. Brian se lança alors dans un rapide calcul des têtes présentes. Il en manquait trop… Des adolescents mais aussi des enfants dont Eric, Hickory, Nils et Ebba…
Il fallait garder son calme… Son pire cauchemar était en train de se recréer à l’instant même où il perdait un temps fou avec ses réflexions.

-TOUS ! Sortez ! Aller dans l’arrière cours !
Oui sauf que la porte de l’arrière cours se trouvait dans la cuisine… A l’étage…

« -Mais qui est l’architecte stupide de cette bâtisse !! »

-Vous allez marcher derrière moi. Sans poser de questions et partir ! Ne répondais à aucune question de personne. Ne parlez à personne ! Faites comme si de rien n’était mais sortez lorsque je vous en donnerez le signal !

Quel idiot… Ils étaient tous en train de paniquer…

-Je veux que les plus grands s’occupent tous d’un petit ! Aller maintenant deux par deux et suivez-moi !

Le professeur suait à grosse goûtes… Il espérait vraiment se tromper mais si son soupçon se révélait exacte il ne pouvait pas se permettre de leur faire courir le moindre risque.
Il se posta à quelques centimètre de la grosse porte et déclencha le loquet à l’aide sa magie. Là il marcha vite, très vite pour arriver dans la cuisine. Il y avait un homme, imposant en armure. Une armure avec le signe de l’inquisiteur.
Il sentit sa tête lui tourner. Comment… Jamais personne n’avait su…
L’homme décrocha magiquement les deux épées du dessus de la cheminée et en fit une croix entre l’inquisiteur et lui.

-MAINTENANT !

(PDE : J’ai l’impression de faire un scénario de film là Oo Ca me parait peut être même un peu gros… M’enfin à vous de juger xP)

A ce signal, une dizaine d’enfant franchirent le seuil du passage secret et se ruèrent vers la porte de la cuisine.
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Venceslas
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Mer 8 Fév - 15:14

La nuit avait pris possession du ciel d'Arietis, recouvrant ainsi le royaume de son plus profond voile d'ombre. Les collines entourant Adara furent englouties dans l'obscurité, ne laissant derrière elles que de sombres mirages, pâles reflets de ces éminences verdoyantes. À l'instar du paysage, la cité royale avait, elle aussi, été enveloppée par cette noirceur nocturne. Seules les lumières des différentes habitations rompaient avec la monotonie de la nuit, scintillant comme des centaines de lucioles dans le noir. Accompagnant les ténèbres, le silence avait également pris possession des lieux. Mais contrairement miroitement des bougies et des lampes, aucun son ne parvenait jusqu'aux impressionnants remparts du palais royal. De ces hauteurs, je contemplais la ville en contre-bas. Cette dernière finissait de sombrer dans une douce et agréable torpeur, invitant ses habitants à se laisser tenter par un sommeil bien mérité. C'était une idée agréable, tellement tentante, ce d'autant plus que le repos était un luxe que ma fonction et mes responsabilités reléguaient au rang de désir inaccessible. En cet instant, il m'aurait été si facile de me laisser choir sur les pierres froides du chemin de ronde et de laisser mon esprit vaguer vers le pays des songes, tant je me sentais fatigué.

Un son presque imperceptible vint briser le silence de la nuit qui semblait pourtant imperturbable. Le bruit des pas frappant le pavé avec légèreté et le crissement de l'herbe foulée parvenaient à mes oreilles. J'ignorais complètement qui était cette personne qui parcourrait les jardins du palais en pleine nuit. Par ailleurs, cela m'indifférait totalement. Je n'espérais qu'une seule chose, ne pas être dérangé. Et cela autant pour moi que pour cette autre personne qui risquait de passer un très mauvais moment si elle s'avisait de m'importuner... Pour rien au monde je ne souhaitais que mon attention ne soit détournée de son objectif : une bâtisse située dans la basse-ville. Une bâtisse semblable à bien d'autres dans ce quartier. Une bâtisse qui accueillait et abritait des enfants dont personne ne s'en souciait.

Il s'agissait d'un orphelinat comme bien d'autres dans cette ville. La seule différence, et au combien importante à tout point de vue, par rapport aux autres maisons pour enfants abandonnés, était le genre de pensionnaire que cet établissement recevait... Qui aurait pu deviner que derrière une façade innocente se cachait le mal qui rongeait le royaume depuis si longtemps ? Qui aurait eu l'idée de soupçonner les êtres qui méritent peut-être le plus de pitié de la part du peuple ? Personne. Pourtant, ce n'était pas les rumeurs qui manquaient à ce sujet. Mais qui pouvait décemment croire à ces histoires mettant en scène des enfants dotés pouvoirs magiques qui se cachent en pleine ville dans un orphelinat ? Je n'étais pas de ces gens. Du moins jusqu'à aujourd'hui, jusqu'à ce qu'une source des plus fiable ne m'apporte la preuve, transformant ce qui n'étaient alors que de simples ouïe-dires en faits indiscutables. J'étais tombé des nues en apprenant la nouvelle. Rien dans mes notes personnels, ni dans celles de l'inquisition ne laissait présager d'une découverte de la sorte. Cela paraissait si improbable que je dus questionner ma source en qui j'avais pourtant toute confiance. Par après, plus aucun doute n'était possible et tout s'enchaîna très vite : une lettre fut écrite et un sceau fut apposé scellant de cette manière le destin de ces enchanteurs ainsi que les ordres destinés à l'inquisiteur.

Le silence avait repris ses droits lorsque les pas de l'inconnu s'arrêtèrent derrière moi. Impassible, je ne pris même pas la peine de me retourner pour voir de qui il s'agissait. Je n'avais qu'une envie, qu'on me laisse tranquille. Et si pour cela il me fallait remettre à sa place un quelconque noble, cela ne me posait aucun problème. Alors que je m'apprêtai à réprimander l'intrus, ce dernier me devança et pris la parole en premier. Ce fut alors que je reconnus une voix familière, celle d'un jeune homme que je connaissais bien :


- Sire, vous allez attraper la mort à rester ainsi dehors.

Je me retournai et vis Hector, mon jeune page. Toutes les menaces que je me préparais à dire, furent aussitôt remplacées par un sourire bienveillant. De toutes les personnes vivant sur cette terre, Hector était celle que j'affectionnais le plus. D'une certaine façon je le considérais comme un fils. Il me tendit un épais manteau, que je ne remarquais que maintenant, en me disant d'une voix attentionnée :

- Tenez vous aurez certainement besoin de ceci si vous comptez veiller, même si la nuit est déjà fort avancée.

Je me préparais à prendre le vêtement, lorsque, pris d'incertitude, j'arrêtais mon geste. Quelque chose dans la phrase que venait de dire mon page me dérangeait. Ce dernier, ayant visiblement remarqué mon changement de comportement, essayais de comprendre ce qui se passait Visiblement inquiet, il commença à m'appeler. Mais je ne répondais pas. Je cherchais désespérément un élément que mon subconscient avait parfaitement compris et qui échappait à ma raison. Des sueurs froides commençaient à couler le long de ma nuque alors que la sensation désagréable d'ignorer un élément important m'envahissait. D'un seul coup, tout devint clair. Brusquement je me retournai et m'appuyai contre les créneaux du chemin de ronde. Mon regard se mit à balayer la cité d'Adara. Rien. Cela faisait maintenant un certain temps que l'ordre avait été donné de brûler l'orphelinat et ses occupants dotés de pouvoirs. Pourtant, aucun brasier n'illuminait la basse-ville de sa couleur orange. Personne ne sortait dans les rues pour voir ce qui se passait. Aucun cri n'émanait de la ville...

Comme pour confirmer ce que je venais de découvrir, un homme arriva près de moi un flambeau à la main. Sous la lumière vacillant de la torche, je reconnus l'uniforme portant les couleurs de ma garde personnelle : le noir et l'argent. Lorsqu'il fut près de moi, il posa un genoux à terre et d'une voix grave me dit :


- Votre Seigneurie, nous avons un problème. L'in...
- L'inquisiteur temporise avant de donner l'ordre de mettre le feu à l'orphelinat pour des raisons que nous ignorons. coupai-je d'un ton las.
- C'est exact mon seigneur.

Je soupirai. Il était hors de question que les tergiversations d'un inquisiteur, qu'il soit compétent ou non, permette au moindre enchanteur de s'en sortir vivant... Décidé, je contrôlai rapidement que mon arme était toujours à ma ceinture. Puis je me tournais vers mon page. Tout en prenant le manteau qu'il me tendait, je posai amicalement une main sur son épaule en geste de remerciement. Il me fit un signe de la tête pour me saluer et retourna au palais. Tout en enfilant ce nouveau vêtement, je me tournai vers mon agent et lui dis d'un ton résolu :

- Faites préparer un cheval pour moi, ainsi qu'une escorte.
- C'est déjà fait mon seigneur.
- Bien... Alors, il est temps que j'aille régler ce problème en personne.
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Ven 10 Fév - 13:34

Des murmures et des chuchotements, tel le bruit d’oisillons sans défense décuplant de paroles et dérivant vers un flot obscure de craintes passionnés. Le bruit se faisait de plus en plus insistant et lorsqu’il aperçut deux enfants surgir d’un couloir, il ressentit le malaise de ses deux alliés qui l’accompagnait. Le petit garçon lui demanda soudainement qui il était, en effet, sa présence était inhabituelle et les jeunes gens étaient bel et bien en droit de s’inquiéter, cependant, leurs naïvetés étaient touchantes. L’inquisiteur n’eût cependant pas le temps de leur répondre, alors qu’il aurait ordonnés aux gardes de les saisir adroitement, les chuchotements qu’il avait entendu plus tôt prirent la forme d’un homme d’âge mur, sans doute l’un des responsables de l’établissement, se dit-il. Vahamon ouvrit donc le bouche, un son rauque émana de son masque, mais il n’eut pas le temps d’achever ce qu’il désirait dire.

L’enchanteur leva les mains vers lui et dans l’espace de quelques secondes deux descendirent du haut de la cheminé et vînt se placer entre les enfants et lui. Les gardes qui assistèrent à la scène furent ébaubis et l’expression sur leurs visages rimaient sans le moindre doute avec la peur de l’inconnu. L’inquisiteur tant qu’à lui trouva le phénomène fascinant. « Par le créateur, pensa-t-il, une armé de magicien et le royaume croulerait sous le poids de la magie. » Son étonnement en était d’avantage redoublé alors qu’il passa lentement sa main au-dessus des épées, aucun fil ne semblait retenir les deux armes, aucune matière n’était d’ailleurs perceptible et il devait admettre qu’il ne faisait pas face à un malheureux charlatan. « Malheur est damnation, s’écria-t-il dans son esprit, cet imbécile vient de souiller mon honneur en défiant l’autorité que je représente. »

L’inquisiteur avait pénétré dans l’établissement avec un cœur rempli de doute, à présent ceux-ci c’étaient évanouies, l’enchanteur venait de lui bloquer le chemin, de lui déclarer officiellement la guerre, de remettre en cause son autorité. « Que le créateur me pardonne » murmura-t-il pour lui-même. C’est précisément à ce moment précis qu’il aperçut les orphelins se sauver dans le sens inverse d’où il se trouvait, dubitatif, les plans de l’orphelinat ne parlaient que d’une seule sortie qui en était aussi bien l’entrée. Lance levé, il s’attendait à ce que l’enchanteur adulte se jette sur lui afin d’essayer de créer une percé et de s’enfuir, mais c’était l’inverse qui se produisait. Les enfants s’enfuyaient et l’enchanteur semblait vouloir lui bloquer le chemin. Une réalisation troublante lui vînt à l’esprit. « Des enfants, se dit-il, et des maîtres enchanteurs… Ils désirent créer une armée d’enchanteur! Par tous les diables des enfers, si cela se produit ce sera le royaume qui sera à feu et à sang… Peut-être même que ceci est un repère des disciples de Dred. » Vahamon se retourna vers les deux gardes les jaugent d’un regard sévère.

« Kevil, dit-il sèchement, courrez jusqu’à notre armée et ordonner qu’ils pénètrent dans cet établissement, qu’ils prennent les enfants en otages afin d’affaiblir le morale des adultes et qu’ils les éliminèrent dès qu’ils déposent les armes. Il y a une autre sortie, j’en suis maintenant persuadé, les adultes tenterons de nous retenir alors que les enfants s’enfuiront par je ne sais où, nous devons les trouver et les détruire, chaque enchanteur qui s’échappe est un danger pour le royaume tout entier. »

« Mais… commença à protester Kevil, les ordres sont de brûler l’orphelinat pas d’en mener un assaut direct. »

« Imbécile, le coupa sèchement Vahamon, le but premier de cette opération est d’éliminer la menace avant qu’elle se propage, si nous enflammons cet endroit sans trouver la deuxième issue, nous n’aurons fait que brûler un établissement vide, nous devons les arrêter avant qu’ils ne s’enfuient, les ordres ont changés. Quant aux enfants, ils auront plus de valeurs vivant que mort. »

«Ils feront de très bon appas, pensa-t-il, avec un léger soupire. Où des sujets d’expérimentations fortement utiles. Quelques fois un mal est nécessaire pour l’accomplissement d’un plus grand bien. Venceslas l’a sans doute compris avant moi… Son plan d’action est déficient, mais nécessaire à la survie du royaume. »

L’inquisiteur fît rapidement signe au deuxième garde de le devancer, lui ordonnant d’un geste brusque de dégager les deux épées qui leurs bloquèrent le chemin. Lorsque les deux armes tombèrent se dégagèrent de leur forme initiale, le garde se jeta au pas de course vers l’enchanteur. Vahamon tant qu’à lui empoigna sa lance en son centre d’une main habile et il dégaina son bouclier de l’autre main. Avançant prudemment, il vit soudainement un autre enchanteur sortir du couloir qui se dressait devant lui. Celui-ci tenta de se jeter sur le garde qui était distrait par son objectif principal sans hésiter un moment Vahamon émit un puissant rugissement et leva son bouclier afin de se jeter sur son ennemi. Le voyant arriver à grands pas, l’enchanteur se retourna vers lui et leva les mains en sa direction, craignant de voir une quelconque magie le heurter de plein fouet, il pencha sa tête en arrière de son bouclier et courba le dos. Une profonde terreur sembla alors envahir son esprit, un sentiment de désespoir et de désolation.

« Que ce passe-t-il?, se questionna-t-il, quel est ce gouffre morbide qui m’envahit soudainement. Quel est cette peur qui m’empêche de réfléchir clairement? » Le corps tremblant, Vahamon recula légèrement jusqu’à ce qu’il puisse reprendre le contrôle de ses émotions. Il comprit alors avec une lueur de stupéfaction, ce nouveau venu pouvait contrôler la peur de ses ennemis, sans une volonté d’inquisiteur, il aurait sans doute tombé dans une cauchemardesque, une rage l’envahit aussitôt, Vahamon n’aimait pas se faire manipuler tel un vulgaire pion. Résistant au deuxième assaut mental de son adversaire, il fonça vers lui et le transperça d’un rapide coup de lance, puis d’un puissant enchaînement il le frappa au visage à l’aide de son bouclier afin de le dégager de sa lance. Lorsque le corps s’écroula sur le sol, l’inquisiteur émit un léger ricanement de satisfaction.

«Toutes résistances est futile, déclara-t-il d’une forte voix à l’intonation caverneuse, les orphelins seront bientôt orphelins de leurs têtes si vous ne déposez pas les armes. »
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Venceslas
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Sam 11 Fév - 12:07

Des ombres élancées et effilées dansaient sur les parois des bâtiments de la cité royale. Projetées contre les murs de bois et de pierres par la lueur vacillante des flambeaux, ces silhouettes obscures, fortement déformées, remplissaient d'effroi le cœur des quelques habitants qui, attirés par le martèlement des bottes foulant le sol pavé. La menace et l'inquiétude qu'inspiraient ces ombres, n'étaient que de pâles imitations de leur modèle original. Marchant au pas, une colonne d'une demi-douzaine d'hommes provenant du palais avait traversé la haute-ville et la basse-ville. Toutefois, ces guerriers ne faisaient ni partie de la garde royale, ni de celle de la ville et encore moins de l'armée d'Arietis. Leurs uniformes et équipements les identifiait comme étant des hommes de la garde personnelle du Régent du royaume. Vêtus simplement de bottes, d'un pantalon et d'un grand béret noir orné d'une plume blanche, leur unique protection était une cotte de mailles légère recouverte d'une simple tunique noire frappée des armoiries de la chancellerie : un grand aigle d'argent tenant dans une serre une épée et dans l'autre une clé. Malgré cette apparente légèreté, ces hommes étaient armés d'une puissante hallebarde et d'un glaive.

À la tête de cette colonne, je guidais mes hommes, depuis mon destrier, à travers le dédale de rues, de ruelles et de places que formait la basse-ville. À mes côtés, également sur un cheval, se tenait mon agent. L'orphelinat ne faut pas difficile à trouver, car c'était le seul endroit dans cette partie de la cité d''où émanait un peu d'activité. Des torches avaient été disposées en cercle afin d'illuminer quelque peu les environs. Les flammes éclairait la façade principale de l'orphelinat. Au milieu de ce disque de lumière se tenait une dizaine de garde. L'une d'eux semblait donner des instructions lorsque son attention fut attirée, en même temps que celle des autres, par mon arrivée et celle de mes hommes. Je pouvais voir la perplexité se dessiner sur leurs visages, tandis qu'ils se demandaient qui nous étions que pouvions-nous bien faire ici. Lorsque j'entrai dans la lumière, tous eurent un choc en me voyant. Celui qui donnait précédemment des instructions, courra dans ma direction, s'arrêta et mis un genou à terre. La tête baissée et d'une voix tremblante il commença :


- Mon seigneur, nous ne...
- Pourquoi ce bâtiment ne brûle pas ? interrompis-je sèchement, sans même lui accorder le moindre regard.
- Seigneur je... j'ai bien essayé de le raisonner, mais l'inquisiteur souhaite capturer les enchanteurs vivants.
- Pourquoi ?
- Selon lui, il existerait une seconde entrée. Le feu ne ferait que précipiter les enchanteurs vers cette autre issue, sans avoir la certitude qu'il tuerait nos ennemis.

À ce moment, une voix forte et roque se fit entendre. À gorge déployé, l'inquisiteur somma les enchanteurs de se rendre. Un léger sourire se dessina sur mon visage. Finalement, j'avais eu tord de m'inquiéter au sujet de cet homme. Je m'en voulais presque d'avoir douté de lui. Puis, cette expression de joie quitta mon visage aussi vite et furtivement qu'elle était apparue. Je venais de me rendre compte que je n'avais pas attendu assez longtemps avant de donner mes ordres. L'excitation que j'avais éprouvée en apprenant où se cachaient ces maudis enchanteurs à Adara, m'avait poussé à immédiatement attaquer, sans prendre le temps de réfléchir. J'aurais dû ordonner une reconnaissance des lieux avant de songer à y mettre le feu. Car s'il y avait effectivement une autre sortie, les flammes allaient y pousser tous ceux que je voulais voir mourir. Je m'en voulais de m'être précipité. Toutefois, cet endroit devait brûler. Je ne pouvais pas me permettre d'annuler un de mes ordres. Non, ce serait montrer une faiblesse et je ne pouvais me le permettre...

Il devait bien exister un moyen de concilier mes intentions avec celles de l'inquisiteur. Puis une idée germa dans mon esprit. Je descendis de mon cheval et me plaçai à côté du soldat venu faire son rapport. Mon agent fit de même. D'une voix résolue et autoritaire je lui dis :

- Levez-vous. il s’exécuta. Vous allez suivre les ordres de l'inquisiteur. Prenez vos hommes et faites ce qu'il faut. Je veux juste que deux d'entre eux aillent répandre l'huile de l'autre côté de l'orphelinat. Si une autre issue existe, elle doit donner sur ces sombres ruelles où il est facile de se cacher. De plus, les flammes obligeront les habitants de cet endroit à se diriger vers l'inquisiteur.
- Bien mon Seigneur.
- Informez s'en Vahamon. De mon côté mes hommes vont encercler et patrouiller autour de l'orphelinat.

L'homme courut en direction des autres et aboya ses ordres. Aussitôt ces-derniers se mirent en action. Deux s'affairèrent vers la charrette contenant les barriques d'huile. Le reste des gardes sortirent leurs armes et investirent le bâtiment. Je me retournai vers mon agent :

- Vous avez entendu vos ordres.
- Oui votre Seigneurie. Il fit quelques pas avant de s'arrêter et me demander. Et qu'allez-vous faire en attendant ?
- À votre avis ? Dis-je alors en dégainant mon épée, une expression meurtrière et un sourire carnassier se dessinant sur mon visage.

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, je lui tournai le dos et partis en direction de l’orphelinat. Je n'étais pas venu jusqu'ici pour simplement donner des ordres. J'avais un compte à régler avec ces enchanteurs et leurs alliés, qu'ils soient de simples enfants ou non.

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Émalia
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Sam 11 Fév - 17:22

Émalia ne faisait que somnoler, bien que la Lune fût au plus haut de sa course, la nuit étant déjà bien avancée. Lorsqu’un grincement de porte retentit dans le silence profond de la nuit, la jeune fille sursauta dans son lit. Des chuchotements parvinrent jusqu’à sa chambre, mais Émalia ne s’inquiéta pas. Elle ne savait pas à qui appartenaient les voix, bien qu’elle sache qu’il en avait deux, une féminine et une masculine, mais le fait que des personnes se lèvent en pleine nuit n’était pas inhabituel. Alors que la jeune fille s’efforçait de se rendormir, elle entendit d’autres bruits, ceux-là provenant d’en haut. De par sa nature curieuse, elle ne pouvait que se lever pour aller voir se qui se tramait. Alors qu’elle allait franchir le passage secret, Émalia entendit Brian, l’adulte de garde cette nuit là, donner une partie de ses ordres.

-Je veux que les plus grands s’occupent tous d’un petit ! Aller maintenant deux par deux et suivez-moi !

Émalia se dépêcha de se mêler aux autres orphelins déjà présents. Elle ne comprenait pas trop encore se qui se passait, mais elle ne voulait pas rater ça, l’enseignant d’histoire qui les faisait lever en pleine nuit, c’était trop drôle! En fait ce qu’elle trouvait drôle, c’était plus le fait qu’il venait, il n’y a pas si longtemps, de leur passer un savon parce que des gens étaient partis de l’orphelinat en pleine nuit, mais que là, il leur ordonnait de faire ça.

-MAINTENANT !

La jeune fille aux yeux verts soupira tout en suivant le groupe qui se dirigeait vers la cuisine, dans l’espoir d’atteindre la sortie arrière. Son habituel sourire en coin, qui l’avait accompagnée jusque là, s’effaça lorsqu’elle vit l’inquisiteur et deux gardes. L’inquisiteur! Mais comment avaient-ils su? Ils avaient toujours étés prudents, dans une certaine mesure du moins. Émalia réalisa qu’elle n’était pas la seule à paniquer et à s’interroger, beaucoup d’autres orphelins échangeaient des regards paniqués tout en courant vers la sortie arrière.

Émalia sortit de l’orphelinat avec les retardataires, composés ceux qui étaient arrivés plus tard ou encore qui étaient trop curieux et qui ont ralenti pour examiner l’inquisiteur. Elle quitta l’enceinte de l’établissement rapidement, ce qui prouvait que ce n’était pas la première fois qu’elle partait de l’orphelinat de cette façon. La jeune fille vit les autres partir à la course dans les rues d’Adara, mais ne les suivit pas. Elle regarda plutôt la bâtisse qui lui était si familière se dresser dans l’obscurité de la nuit, se demandant ce qui avait pu les trahir. Mélie? Émalia ne savait pas ce qui c’était passé dans le cachot humide et crasseux, mais elle ne voulait se résoudre à accuser cette fille, avec qui elle s’entendait relativement bien.

La jeune fille retint un cri de stupeur et d’effroi lorsqu’elle vit deux gardes surgir tout près de l’orphelinat. Elle se cacha du mieux qu’elle put, se fiant plus à l’obscurité pour la couvrir. Pourquoi diable s’était-elle attardée dans les parages? Au moins, elle avait quitté l’enceinte de l’orphelinat, mais tout de même! Bien qu’elle fût derrière les deux hommes, si elle faisait le moindre bruit, elle serait repérée. Émalia resta donc tapie, s’efforçant de ne pas bouger, tout en regardant les gardes opérer.
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Anabelle
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Lun 13 Fév - 11:13

Pour Anabelle, cela avait été la pire journée depuis longtemps, pour ne pas dire une journée désastreusement merdique. En se réveillant le matin venu, elle avait déjà la sensation que ce jour qui s’annonçait ne serait pas de tout repos, et les événements n’avaient fait qu’affermir son assurance. Déjà, les plus jeunes piaillaient en haut, tapageaient inlassablement en mangeant leur déjeuner, l’empêchant de se reposer comme elle l’aurait voulu après s’être couchée tard, puisque Ange ne lui avait pas donné son congé (encore une fois) avant au moins une heure du matin. Cela avait été le plus cher désir de la jeune fille que de travailler au château (pour ne pas dire son ambition du moment! Le salaire n’était pas très élevé, mais au moins était-ce plus chèrement payé qu’un travail en ville, où elle se faisait constamment harcelée). Or, maintenant qu’elle s’y trouvait, à se bousiller les mains sur les habits que sa patronne déchirait à chaque nuit, ou presque (on ne se demandait pas pourquoi), elle commençait à regretter son choix. Probablement aurait-ce été préférable d’avoir été engagée par une autre personne que Ange, d’autant plus que cette fille immature, qui croyait que s’habiller en salope rendait belle une femme tout à fait ordinaire et qui se tapait tous les hommes du coin, était horrible à servir. Presque tous les soirs, Anabelle devait faire des heures supplémentaires à son service, à ramasser ses traineries, à réparer son linge et à mentir coup sur coup au père de sa maîtresse quand ce dernier se présentait pour parler à sa fille quand elle n’était pas où elle aurait dû être. Comme si elle n’en avait pas assez à passer derrière les plus jeunes de l’orphelinat pour récurer leurs bêtises… Là, elle avait l’impression d’avoir un gros bébé en plus sur les bras, et un gros bébé qui détenait sur elle le pouvoir de lui attirer pas mal d’ennuis si elle décidait de déserter son poste. Pourtant, Anabelle aurait cru que c’était elle qui possédait une information compromettante sur Ange, ou même sur le prince… Sauf que la noble était ce que son titre révélait : une noble. Personne n’irait croire une servante issue des quartiers pauvres au détriment des paroles d’une dame. Et de toute façon, Anabelle ne voyait pas pourquoi elle irait faire le porte-panier et à raconter à tout le monde ce qu’elle avait vu. Ce n’était pas de ses affaires ce qui se passait sous les couvertures des autres (Mélie, par exemple, pouvait bien faire ce qu’elle voulait avec Dean, tant qu’elle n’utilisait pas le lit d’Anabelle) et elle ne comprenait pas l’intérêt des filles en général pour ce genre de ragots. Par contre, elle avait cru que le fait qu’elle ait été témoin d’une telle scène lui permettrait au moins d’être hors d’atteinte. Mais ça, ça avait été une pensée d’enfant, et ce qui avait découlé de sa nouvelle position lui avait prouvé que la vie n’était pas un terrain de jeu.

Et puis, il y avait eu la mort du roi, quelques jours auparavant. Ou plutôt, l’assassinat. Anabelle venait à peine d’arriver au château quand tous les serviteurs étaient devenus comme fous, parcourant les couloirs en courant dans tous les sens, échangeant des paroles paniquées et cherchant en même temps à accomplir les tâches qui faisaient partie de leur travail. C’était Sandra, la gouvernante des enfants d’une quelconque noble, qui l’avait prise à part pour lui expliquer ce venait d’être découvert. Le roi Ludovic, dans ses appartements, gisant sans vie aux côtés de sa femme Ludivine. Les corps avaient été trouvés par leur domestique habituel, qui était encore en état de choc.

Maintenant, c’était la merde au palais. Les gens essayaient d’agir normalement, mais c’était très compliqué autant pour les nobles que leur serviteurs, d’autant plus que la peur qui régnait n’était pas pour aider. Certains pensaient qu’ils allaient à leur tour se faire tuer par le diabolique comte déchu Nogait d’Haut-Cime, mais Anabelle, elle, était persuadée que ce dernier s’était déjà enfui de la ville. Aucun homme n’était assez stupide pour errer comme un spectre vengeur sur les lieux où il avait commis un horrible crime. Ce qui l’inquiétait surtout, c’était la vague anti enchanteurs qui était venue s’écraser sur Adara. Partout, les citadins entretenaient une haine encore plus intense qu’avant envers la magie, et beaucoup de gens avaient été pendus ou même brûlés dans les derniers jours seulement parce que leurs voisins les soupçonnaient d’avoir un pouvoir. Malheureusement, la situation était encore pire au château… Il y avait eu une razzia parmi ceux de sang bleu et leurs serviteurs, et tous ceux, peu importe leur rang dans la hiérarchie, qui avaient été accusés de magie ou encore de savoir quelque chose sur un enchanteur avaient été rudement questionnés par le Régent, qui semblait presque avec volé le boulot de l’Inquisiteur. Anabelle, elle, avait été relativement en sécurité, puisque, heureusement pour elle, son pouvoir n’était pas visible. Par contre, ce n’était pas le cas pour beaucoup des autres orphelins, et cela inquiétait la jeune fille. Ils étaient sa famille, peu importe le fait qu’elle ait parfois envie de les étrangler quand ils ne se rangeaient pas et qu’elle devait récurer derrière eux. Si un d’entre eux était découvert, il serait très aisé pour l’Inquisiteur ou le Régent de remonter jusqu’à l’orphelinat. Et là…

Afin de chasser ses pensées angoissantes, Anabelle secoua vivement la tête, ce qui eut pour effet de déloger quelques mèches noires-bleutées de son bonnet blanc de servante. Les chassant de devant ses yeux gris et les remettant en désordre sous sa coiffe, elle prit les quelques vêtements qu’elle devait apporter de la buanderie jusqu’aux appartements de Ange. Pas question de trainer… Elle voulait rentrer au plus vite à l’orphelinat pour se reposer un peu. De plus, une fois qu’elle aurait terminé cette dernière tâche, elle pourrait enfin retourner chez elle… La vie de domestique avait quelque chose d’épuisant, elle l’admettait maintenant sans réticence. Mais comme c’était une bonne position avec des possibilités d’avancement, la jeune fille ne se plaignait pas trop.

Autour d’elle, alors qu’elle marchait d’un pas vif dans le couloir, les habitants du palais, nobles ou serviteurs, lui parurent subitement très agités. Distraitement, Anabelle tendit l’oreille plus par curiosité que par réel désir de savoir ce qui se tramait. Ces derniers jours avaient été emplis de rumeurs sans queue ni tête et de murmures d’accusation de toutes sortes dont peu s’étaient avérée véridicite. Mais cette fois-là fût différente, et ce qu’appris la jeune fille lui glaça le sang tout entier. Apparemment, la Basse Ville était… en feu ! L’incendie bouffait tout sur son passage, maisons et commerces et humains, sans aucune distinction. Non ! [Juste savoir si ça dérange que je dise qu’il y a l’incendie… jsais qu’il est pas encore commencé là, mais pour le besoin du RP avec Charles, bien c’est pas mal à cause de ça que Anabelle va aller parler au roi…]

Anabelle laissa tomber les serviettes par terre sans s’en rendre compte et se jeta à la fenêtre pour vérifier si on ne lui mentait pas encore. Plus bas, hors des murs encerclant la Haute Ville, la Basse Ville brûlait. Les cris et la fumée saturaient l’air. Non. Non non non non. NON! Les enfants étaient en bas, les autres orphelins, les plus jeunes comme les plus vieux, et les profs. Ils allaient peut-être mourir dans le feu, et la jeune fille ne pouvait rien faire pour eux. C’était impossible, il ne pouvait pas y avoir un incendie, pas maintenant. Il y avait plusieurs années que rien n’avait brûlé en ville, et c’était bien comme ça. Mais comme toutes les maisons étaient au moins composées d’un toit de bois, c’était facile pour les flammes de tout dévorer. Ana sentit la panique l’étouffer. Elle devait faire quelque chose, elle ne pouvait pas les laisser en bas comme ça! Au moins, si elle ne pouvait pas aller chercher les enfants, aider ceux qui se battaient contre le feu en y jetant des seaux remplis d’eau puisés dans les eaux du port. Pourquoi est-ce qu’elle n’avait pas été là quand le feu s’était déclenché ! elle ne se serai pas senti aussi misérable et impuissante!

Tout à coup, elle vit une tête blonde trop bien connue passer rapidement dans le couloir, comme s’il cherchait à ne pas se faire voir. La tacticte sembla relativement marcher, puisque tout le monde était paniqué, mais Anabelle le reconnut quand même. C’était Charles, le nouveau roi depuis quelques jours, qui paraissait très frustré (ou quelque chose de même) et à la fois bien inquiet. Probablement à cause du feu, du moins c’était ce que la jeune fille pensait. Et elle ne pensa pas plus non plus, même si elle se demanda brièvement pourquoi il ne se trouvait pas en bas avec le Régent. C’était son rôle de roi… Impulsivement, Anabelle se jeta aux pieds du roi et, baissant servillement la tête de façon à ne pas croiser le regard de Charles (ça aurait pu être mal intépréter, elle savait que les nobles n’aimaent pas trop quand elle les regardait dans les yeux quand elle leur répondait. Plusieurs voyaient cela comme un regard de défi), elle se mit à parler avant qu’il puisse revenir de sa surprise.

-Pitié votre Majesté ! supplia-t-elle. Relevez moi de mon service au moins pour quelques heures, je dois aller aider les gens en bas ! Il y a ma famille en ville, ils sont surement en danger à cause du feu… Je vous en conjure, on ne me laissera pas partir si ce n’est pas vous qui donnez l’ordre!

Elle devait être obéissante… Et c’était vrai que sa supérieure, la chef des servantes, ne la laisserait pas partir à moins que quelqu’un de plus haut placé qu’elle ne lui en donne l’ordre. Comme Anabelle ne pouvait pas perdre de temps à trouver Ange, il fallait s’en remettre à Charles… Même si elle détestait se mettre à genoux comme ça, c’était une tache énorme à son orgueil, mais elle devait piler sur sa fierté pour le bien être des autres…
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Thelma
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Dim 19 Fév - 6:23

Thelma était montée sur le toit peu après l’extinction des feux.
Oui, se lever après une certaine heure était proscrit, mais cette interdiction-là était stupide. Si elle n’arrivait pas à dormir sans s’être auparavant isolée avec les étoiles dans un espace ouvert, pourquoi devrait-elle s’enfermer et risquer l’insomnie? Si Hickory commençait à angoisser pour une raison quelconque et qu’il devait manger, pourquoi l’en empêcher? Si le chien de Jamal ou le dragon de Mélie devaient se soulager pendant la nuit, pourquoi empêcher les maîtres de les sortir? D’accord. Pour les protéger. Pour protéger l’orphelinat. Mais franchement, la gamine ne mettait rien ni personne en danger en montant simplement sur le toit!
La fillette s’assit sur quelques tuiles protégées de la neige par un pignon les surplombant et laissa son regard vagabonder dans les cieux illuminés. Quand la ville dormait comme ça et que plus rien n’était allumé, le ciel ruisselait d’étoiles, et c’était sublime.
Thelma s’était parfois demandé ce qu’étaient les étoiles. On lui avait répondu beaucoup de choses différentes lorsqu’elle avait posé la question.
On lui avait dit que les étoiles permettaient de lire l’avenir, et que certaines étoiles n’étaient pas des étoiles mais des planètes, et que c’était bien différent, car les planètes et les étoiles ne bougeaient pas sur le même cercle. Tout tournait autour de la terre bien sûr, mais les étoiles étaient de simples lumières posées sur un fond noir et se mouvaient toutes en même temps et dans la même direction, alors que les planètes étaient séparées les unes des autres et tournaient indépendamment autour de la terre.
On lui avait dit que le ciel, pendant la nuit, se recouvrait de velours noir pour dormir, mais que le tissus était si vieux qu’il était troué en certains endroits, et que les étoiles qu’elle voyait n’étaient en vérité que des morceaux du ciel du jour mal recouverts par la vieille couverture.
On lui avait dit qu’un être de toute puissance des temps anciens avait trouvé le ciel noir de la nuit fort triste, et qu’il y avait peint la lune et les étoiles.
On lui avait dit que les âmes des morts se transformaient en étoiles pour veiller sur ceux qu’ils aimaient.
On lui avait dit que les étoiles étaient des petits bouts détachés de la lune. Ou des enfants de la lune.
Les étoiles étaient les poissons du ciel.
Les étoiles étaient des anges, et chacune surveillait un être humain.
Bref, Thelma avait entendu beaucoup de choses à propos des étoiles, et elle ne trouvait pas une histoire qui soit plus plausible que les autres. Et ce soir, elle ne pensait pas au mystère des cieux. Elle pensait à des problèmes bien plus terre à terre, comme ce nouveau règlement, comme le fiasco du bal en blanc, comme la nourriture qui commençait à devenir rance et moins bonne à cause de la mauvaise conservation, comme ce cri rauque sortant de l’orphelinat qui la réveilla soudain… Elle ouvrit les yeux. Des hommes? Des torches? Au milieu de la nuit? Thelma s’allongea à plat ventre pour voir sans être vue. Elle n’entendait pas ce qu’ils disaient, mais c’était peu rassurant. Surtout lorsqu’un noble à cheval envoya deux hommes à l’arrière du bâtiment. Thelma rampa sur le toit pour suivre ces deux-là. Elle ne savait pas quoi faire, mais elle voulait voir ce qu’ils manigançaient, et un passage à la maison voisine était accessible depuis le bout de toit qui surplombait la cour si jamais elle devait fuir. Le cœur battant, des picotements dans les doigts, Thelma regarda sans comprendre les deux hommes jeter du liquide un peu partout. Puis, l’un d’eux posa sa torche au sol et recula précipitamment.
Un instant de suspension. Rien ne se passa. Beaucoup de fumée apparut soudain. Puis une flamme se mit à courir le long des murs, à mordre le bois des poutres, à monter, monter, monter… Droit sur Thelma. Elle poussa un hurlement de frayeur pure. Du feu!

-AU FEU!

La fumée fut la première à rejoindre l’orpheline paniquée. Elle dansa autour de la gamine terrorisée, lui emplit les yeux et les narines et se fit un malin plaisir de l’étouffer à moitié avant de se faire repousser par une brise.
Thelma mit sa manche devant sa bouche. Elle devait descendre. Mais par où? Ses yeux larmoyants ne lui permettaient plus de se repérer. Elle toussa. Elle ne savait pas que presque tous les orphelins avaient pu s'enfuir grâce à la rapidité d'esprit de Brian, et se mit à sangloter.
Et ma sœur? Elle va être terrifiée. Et Nils? Et mes amis? Ils vont mourir, tous mourir! J’espère que ces sales gardes vont perdre le contrôle de l’incendie et qu’ils vont tous cramer. Ces connards vont faire de l'orphelinat un bûcher géant.
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Ebba
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Dim 18 Mar - 9:54

Avec précipitation, tous les orphelins sortirent du bâtiment. Tous sauf Ebba et Nils.
Clouée sur place, la fillette regarda deux larges épées faire barrière entre le vilain monsieur tout noir et eux. Vit l’Inquisiteur passer de la surprise la plus intense à une colère dévastatrice. Se fit tirer en arrière par son frère, retourna dans la cuisine sans effectuer le moindre mouvement, regarda par la porte de derrière et se mit à respirer très fort… Trop fort. Du feu. Du feu. Ce seul mot obnubila l’esprit d’Ebba. Du feu.
Depuis toute petite elle ne supportait pas le feu. Une fois, à la maison, une bougie l’avait brûlée au poignet et avant qu’elle n’aie pu se soigner une vilaine cloque s’était formée et elle avait eu très très mal. Une fois, elle avait vu une maison du village brûler et quelqu’un presque mourir d’asphyxie. Elle haïssait le feu autant qu’elle aimait la nature, c’est à dire vraiment beaucoup. Mais plus que le haïr, elle en avait une peur bleue, l’équivalent d’une phobie. Et là, face au pire fléau du monde qui menaçait de dévorer l’orphelinat, sa maison, elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas. C’était pas possible c’était trop effrayant. Ebba s’évanouit à moitié.

Si Nils n’avait pas été là, la fillette aurait été en très très très mauvaise posture. Soit morte brûlée, soit écrasée par un des combattants qui détruisaient la cuisine et le hall d’entrée. Pour ce qu’il en était, ils étaient en très mauvaise posture. Mais au moins elle n’était pas seule. Le garçon blond semblait évaluer ses possibilités. La porte de derrière était bloquée par les flammes. La porte de devant bloquée par des gardes assoiffés de sang et furieux de la mort du roi. L’intérieur de l’orphelinat était désormais un champ de bataille. Tous les adultes étaient occupés à se battre contre l’assaillant ou l’incendie. Avec Ebba dans les pommes Nils ne pouvait rien faire. Elle était frêle, mais lui aussi. Il ne pouvait pas la porter bien loin. Il devait prendre une décision. Choisir quel mal était pire.
Il la traîna vers la porte d’entrée. S’ils se rendaient, peut-être ne mourraient-ils pas. En plus, ils n’avaient pas de pouvoir visible. Ils pourraient prétendre être des enfants normaux et dire que l’orphelinat était sûrement mixte entre enchanteurs et gens du peuple, et qu’ils n’en savaient rien? De toute façon il n’y avait pas d’espoir. Ebba hyperventilait, le feu se propageait, de plus en plus d’enchanteurs adultes se faisaient tuer et Nils ressentait les émotions de tous ceux qui l’entouraient ce qui était assez angoissant en temps normal. En temps de crise c’était à en devenir fou. De la haïne, du désespoir, de la peur, de la résignation, de la panique, de la méchanceté pure, du sadisme, du stoïcisme, de l'incompréhension, de la confusion, de la colère, de la tristesse... Mais au moins il le sentirait si quelqu’un s’intéressait à eux d’un peu trop près.
Il traîna difficilement sa sœur vers la porte. Ebba remuait légèrement. Elle tentait faiblement de se débattre. Du feu. Du feu. Mal. Du feu. Mais elle était en état de choc, donc bien trop faible. Nils passa à travers la porte brisée, ignorant la petite écharde qu’il se planta dans le cou à force de faire attention à ne pas blesser son Ebbikou.
Une fois dehors dans le froid, il s’affala dans la neige à moitié fondue et regarda, atterré, sa maison brûler lentement.
Le petit garçon respirait fort suite à l’effort qu’il venait d’accomplir. Il s’agrippait à sa sœur en un câlin désespéré et ne la lâcha pas lorsque deux grosses mains l’attrapèrent et l’emportèrent un peu plus loin. Il ne la lâcherait pour rien au monde. Rien.
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Brian
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Mer 18 Avr - 15:38

La tentative de Brian sembla perturber l’inquisiteur un moment. Enfin jusqu’à ce qu’il ne fasse tomber les épées en semblant être étonné. Pensait-il que son pouvoir était de créer des marionnettes ? Quelle désolation… Le professeur pensait être un minimum plus impressionnant.
Il n’eut pas le temps de faire un mouvement qu’un homme fit irruption dans la salle commune. Le professeur de mathématiques avait lancé sa vague de désolation sur son adversaire. D’autres chevaux arrivaient et une odeur connue envahit soudainement la pièce. Brian se risqua à pencher la tête pour voir dans l’ouverture de la porte…

-NON !!! ASSASSINS !!!!!!

Puis un bruit de muscles déchirés se fit entendre. Puis un poids lourd retomber sur le sol. Le professeur n’osait se retourner pour affronter la dure hypothèse qu’il se fit. Un ami… Un ami d’enfance… Puis du sang se fraya un chemin entre ses chaussures. « Tom… ». Il se retourna et n’eu pas besoin de voir le cadavre de son ami à terre pour hurler de rage et avancer droit sur l’homme qui avait organisé le meurtre d’une centaine d’enfants, l’homme qui venait de déchirer une famille en moins de deux minutes, l’homme qui allait devenir sa proie, oui sa proie car en ce moment précis Brian avait une sensation de faim… Il avait soif de vengeance…
D’autres soldats se jetèrent à la poursuite des enfants. Brian, claqua la porte aussi violemment qu’il ne l’avait jamais fait en grondant Hickory. Certains avaient déjà réussis à sortir mais les autres étaient coincés entre l’incendie et une porte fermée, bloqué par la magie d’un être dans un état second, envahit de haine. Il regarda l’inquisiteur dans les yeux. Des yeux froids et insensibles. Les yeux d’un tueur. Un tueur qu’il allait à son tour éliminer. L’homme commença à tuer les soldats qui se trouvaient sur son passage : entre le monstre, et lui.

Puis arrivant, dans un nuage de poussière, alors que Brian n’avait plus d’espoir de les voir arriver, les autres professeurs et surveillants de l’orphelinat.
Jane, le professeur de français (note d’humour = oui le préféré d’Hickory et d’Eric x]), en tête. Elle devait avoir dans la quarantaine. La maitrise de son pouvoir excellait celle que Brian même avait du sien. Elle maitrisait le feu. Avec le temps les flammes qu’elle faisait sortir de ses paumes avaient brunis sa peau. Et même si la vue de la combustion qui sortait d’elle-même avait de quoi lui glacer le sang, elle ne sembla rien éprouver. Aucune douleur. Aussitôt arrivée, des boules de feux naissaient de ses mains. Ses yeux eux-mêmes semblaient embrasés. Une grimace d’horreur se dessinait sur son visage. Du dégoût se lisait sur ses lèvres et le moindre soldat qui se risquait à l’approcher poussait dans la seconde un cri de douleur inégalable tant la douleur du feu lui qui consumait leur peau se faisait réelle. Bientôt, une odeur de chair humaine brûlée vint envahir l’orphelinat ce qui ne fit qu’un haut de cœur supplémentaire à Brian.
Malheureusement les autres professeurs, tout comme lui n’avaient été formés à l’art du combat et tombaient l’un après l’autre sous les coups des soldats. Il s’aperçu soudainement qu’Ebba et son frère avaient réussi à fuir. Un souci de moi…
Le sang gicla plus vite sur sa lame tandis que le feu les encerclait toujours plus. Bientôt ils seraient totalement coincés. Tant qu’à mourir, Brian voulait que se soit en défendant ceux qu’il aimait. En se battant jusqu’à la mort il permettait aux enfants de fuir le plus loin possible. Seulement la seule pensée de ne pas voir grandir son fils nouvellement né lui arracha une larme. Son père sera mort pour la bonne cause. Voilà ce que lui dira certainement sa mère. A condition que tous les deux ne se fassent pas tués pour trahison…
Brian se battit avec plus de force et de motivation. La plupart des soldats avaient maintenant fuit. Il n’en restait plus qu’une poignée avec l’inquisiteur, Jane et lui.

-Comment tu as su que l’orphelinat brûlait ? demanda-t-il.

-Il est visible jusqu’au château… Et ce n’est pas tout. L’incendie ravage les maisons aux alentours.


Brian ne savait que répondre. Tant d’innocents mourront cette nuit… Il pensa une nouvelle fois aux enfants. Ils devaient à présent se défendre eux même. Il leur était enseigné à contrôler leur pouvoir et la plupart s’en sortent très bien. Il ne comptait plus que sur les plus vieux pour veiller sur les plus jeunes…
Soudain une poutre s’écroula et tomba à quelques centimètres de lui. Brian senti une flamme lui ronger le bras. Une latente douleur le prit et l’obligea à s’agenouiller. Le sol lui-même était chaud. Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que la bâtisse ne s’effondre sur eux.

Le professeur d’Histoire se releva. Ce n’était pas le moment d’abandonner. L’inquisiteur, lui, était toujours debout, avec son regard toujours plus mesquin, avec ses mains souillées par le sang qu’il avait de nouveau fait couler cette nuit.
L’air est de plus en plus irrespirable. Brian tousse. Non, il crache ses poumons. Il peine à se relever. Ses jambes manquent de s’effondrer sous son poids. Sa blessure continu de ronger sa peau. Pendant que… « Jane… Jane ? ». Où est-elle ? La poutre s’est effondrée à l’endroit où elle se trouvait quelques secondes auparavant.

-Jane ? JANE ?? Le bruit des flammes couvre largement la voix de Brian. Mais à peine celle de l’inquisiteur qui rit de la vision qu’il a de son coin. Celle d’une femme, s’étant vaillamment battue pour accorder le plus de temps possible aux enfants qui habitaient il y a encore quelques heures cet orphelinat. Celle d’une femme en train de brûler mais qui respire toujours. Brian ne peut la rejoindre. La poutre les sépare. Il n’y a plus que l’inquisiteur et lui… Lui qui sent le peu de force qui lui reste le quitter de plus en plus rapidement. Une idée… Il lui faut une idée… Sinon ce monstre s’en tirera…
Son visage recouvert de poussière, de suit et de sueur s’illumina alors. Mais il n’eut pas le temps de mettre son plan a exécution que Jane se tenait à ses côtés. Comment était-ce possible… Comment même un enchanteur pouvait-il faire ça ?

-Vas… Sors… Ils auront encore besoin de toi… Dit-elle d’une voix rauque.

-Mais…

-Sors ! Sur ce, elle s’alluma telle une torche. Oui, elle venait de se transformer volontairement en torche humaine. Et c’est en poussant un cri à percer les tympans qu’elle se jeta sur l’inquisiteur. La suite ? Brian ne s’en souvient plus. Après cette scène d’horreur il se jeta de lui-même dans le feu pour atteindre la cours arrière. De nouveau le feu le dévorait. Mais la fine couche de neige qui avait commencé à tomber plusieurs heures plus tôt lui permit de se soulager. Il resta couché quelques secondes et pourtant il du essayer de se relever car l’orphelinat s’effondra. Il ne pu. Ses plaies ne le lui permirent pas. Mais il réussi à reculer. Assez pour que les ruines de son anciens foyer finissent de brûler à ses pieds…

[Si la fin ne convient pas n'hésitez pas à proposer d'autres idées. Voilà, enfin mon post. J'espère qu'il est à la hauteur avec le temps que j'ai mit à le faire....]
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Émalia
Enchanteresse de l'orphelinat


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MessageSujet: Re: INCENDIE   Mer 18 Avr - 18:26

Tapie derrière un baril, regardant tristement l’orphelinat flamber dans l’obscurité de la nuit, Émalia surveillait tout de même les deux gardes qui avaient déclenché l’incendie. Il ne fallait tout de même ne pas avoir de cœur pour poser un tel geste! Pourquoi des enfants? Oui, ils étaient enchanteurs, mais leur seul désir était de vivre en paix, alors pourquoi eux?! Ils ne réalisaient donc pas qu’aucun d’entre eux n’avait jamais porté atteinte à la royauté, que seuls les rebelles étaient la cause de leurs soucis? Le nombre d’innocents qui périraient cette nuit-là! La jeune fille vit alors que les flammes incandescentes s’étaient propagées aux maisons des environs. Pourquoi prendre la chance que toute la Basse-Ville flambe? Les soldats ne réalisaient donc pas?! Surement pas, en fait ils obéissaient aux ordres, certainement sous peine de mort. Ils n’avaient pas le choix. Alors ceux qui donnaient les ordres, se croyaient-il invulnérables, derrière leur muraille de pierre? Ne réalisaient-ils pas que ceux qui fabriquaient leurs habits, ceux qui préparaient leur nourriture, ceux qui tenaient leur maison, était en vérité ceux qui risqueraient de perdre la vie pendant cette nuit? Certainement pas, en fait. Ils n’étaient que des stupides nobles se croyant au-dessus de tous, ne portant pas attention à tous ceux que leurs idées de grandeur prenaient comme victimes. Cela, Émalia le savait depuis un bon moment, mais elle ne l’avait jamais plus pleinement réalisé qu’en ce moment.

Il est certain qu’elle était à demi étonnée par les pensées qu’elle nourrissait. Pas par la nature de ceux qu’elle accusait de couardise et de tant d’autres dans ses réflexions, mais par le fait qu’elle semblait moins insouciante, plus… plus mature. Elle pouvait, certainement pour la première fois de son existence, justifier tous ses points de vue. Ils étaient tous fondés et bien organisés! La jeune fille se dit, redevenue moqueuse comme à son habitude, que Jane, la professeure qui l’avait tant réprimandée pour avoir dit des choses sans fondement, serait certainement impressionnée si elle lisait dans les esprits. Elle était une autre enchanteresse qui contrôlait les éléments, ce qui a eu pour résultat que c'est elle qui donnait les cours sur le pouvoir à la jeune file. Elles ne s'appréciaient pas particulièrement, la professeure étant sévère et la jeune châtaine rejetant toute autorité. Bien entendu, elle essayait tout de même de ne pas être trop crue et de ne pas trop laisser paraître le fait qu'elle n'aimait pas vraiment la femme, mais la subtilité n'a jamais été le fort d'Émalia. Celle-ci se perdit ainsi dans ses pensées, s'enfonçant de plus en plus dans ses souvenirs dans le but d'oublier la situation présente, qui était catastrophique du point du vue de la jeune fille.

Une anomalie dans les flammes attira son attention qui avait été détournée par un flot de colère et d’incompréhension. Une silhouette sombre était sur le toit, prise au piège là-haut. Voyant que les gardes étaient partis vers l’avant de la bâtisse, Émalia s’approcha. Fixant longuement l’ombre, elle se dit que ce devait très certainement être un orphelin, environ de son âge! Elle frissonna de peur qu’il flambe sous ses yeux, puis essaya de se ressaisir. Que pouvait-elle faire pour aider la malheureuse personne qui était prise là? Des bruits de combats lui parvenaient de l’intérieur, accompagnés du fracas de poutres de bois qui s’écrasent contre le sol. Il lui était donc impossible d’aller trouver la personne là-haut et de redescendre en sautant, amortissant le plus gros de la chute avec un vent. Elle avait déjà eu un cours privé juste sur les vents antigravitationnels. Elle trouvait ça seulement drôle, elle n'aurait jamais imaginé que ça lui serait un jour utile! Oh bien sûr, elle s'en était déjà servi pour des broutilles comme pour transporter un livre de son dortoir à la salle de classe, ce qui lui a résulté un cas de fatigue extrême (elle n'avait jamais trouvé l'orphelinat aussi grand!) en plus d'une semaine de corvée pour tous les dégâts qu'elle avait causé (un vent n'est tout de même pas précis!). Sauf que tout cela n'avait plus d'importance, d'une façon ou d'une autre ce pouvoir ne lui serait sans doute jamais réellement utile, comme elle l'avait pensé au tout début de son apprentissage.

Une idée illumina alors son regard : bien qu’elle ne connaisse toujours pas l’identité de l’orphelin pris là-haut, elle pourrait lui crier de sauter et tout de même pouvoir amortir sa chute ce vent lui serait utile, finalement! Même, que se dit la jeune châtaine, ce serait mieux. Lors d’un cours, le professeur de mathématique lui avait dit que c’était toujours mieux quand on se concentrait. Elle s’était dit que c’était des foutaises pour qu’elle arrête de jouer distraitement avec une brindille, mais si c’était vrai? Elle aurait plus de concentration en restant au sol qu’en sautant, non? Mais pourquoi revenait-elle toujours à ces cours déplaisants et sans intérêt?! Elle aurait aussi pu penser à cette fois où, avec d'autres orphelines de son âge environ, elles étaient sorties aux champs, loin de la ville. Ce jour là, elle s'étaient entraînées avec leurs pouvoirs. Oh, bien sûr c'est interdit et imprudent, mais ils étaient si loin de la ville, personne n'allait là! Mais il lui fallait maintenant essayer de sauver la personne qui était encerclée par les flammes. Ayant maintenant confiance en son pouvoir, résolue, Émalia s’avança vers la façade du bâtiment, à la même hauteur de la personne prise sur le toit.

- Allez, saute! Vite, dépêche! lui hurla Émalia

Il était vrai qu’il n’avait pas de temps à perdre, la bâtisse menaçait de s’effondrer à tout moment. De plus, ses cris désespérés avaient dû alerter les soldats qui étaient encore à l’intérieur et les faire sortir pour vérifier la provenance des cris. La jeune fille leva alors un vent antigravitationnel, n'attendant pas que la personne saute pour le faire. Elle avait perdu tant de secondes si précieuses, perdue dans ses pensées! La structure allait s'effondrer d'une minute à l'autre, surtout que le vent de la jeune châtaine n'arrangea pas les choses, comme elle le constata trop tard. Pourquoi diable elle ne s'était pas souvenue que le vent alimente le feu?!
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Thelma
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Sam 21 Avr - 7:48

Le toit commençait à craquer, à crisser, et les flammes se rapprochaient toujours plus près…
Thelma s’était accrochée à la cheminée et pleurait, pleurait, pleurait… Parce que ses yeux la piquaient, parce qu’elle paniquait de ne presque plus pouvoir respirer et de sentir sa tête tourner, par ce qu’elle venait de tout perdre, sa famille, ses amis, et qu’elle allait bientôt aussi perdre sa vie alors qu’elle avait survécu à toutes les difficultés jusqu’ici.
Elle n’était pas morte à la naissance, ni dans les deux premières années de sa vie comme cela arrivait tellement souvent et comme cela était arrivé à deux de ses frères… Frères qu’elle n’avait, évidemment, même pas connu. Pour le premier, elle n’était pas née, et pour le second, qui avait survécu juste assez longtemps pour se faire recommander auprès du Créateur, elle n’avait que trois ans. Elle n’était pas morte non plus lorsqu’on avait appris qu’elle était une enchanteresse. Elle n’était pas morte lors de la grande famine d’Adara, cette année où il avait neigé jusqu’à Esather. Et là elle allait mourir. Secouée de spasmes, transpirante, pleine de haine et de désespoir, elle allait mourir.
Un bruit effrayant lui vint de sous ses pieds. Un craquement sinistre et énorme. Elle agrippa la cheminée plus fermement. Un morceau de toit s’affaissa, juste derrière elle, sous son regard terrorisé. Une poutre avait lâché. Et là, des flammes sortirent du trou ainsi créé. Elle allait brûler !

-Allez, saute! Vite, dépêche! lui hurla Émalia

Émalia ? Pas possible. Hallucination.
Un vent soudain fit grossir les flammes derrière Thelma. Ça la brûlait sans même la toucher. Une douleur immense naquit dans son dos. Elle cuisait lentement. Ça sentait le poulet. Et ça lui donnait envie de vomir.
Tsssk. Voilà une réflexion digne de Hickory ! Autant mourir écrasée par terre. Et il y a une chance minuscule qu’Éma soit vraiment là en bas.
Thelma sauta. Enfin, si on pouvait appeler ça sauter. Elle se laissa plutôt tomber en avant de tout son poids avec un pas incertain en direction du vide.
Après même pas un mètre de chute, un vent ascendant la fit ralentir drastiquement.
Après même pas un mètre du chute, le bâtiment sur lequel elle se tenait il y a même pas une seconde s’effondra dans un craquement sinistrissime. Explosion de débris. Chaleur. Un morceau de bois en feu percuta Thelma sur la nuque lui arrachant un cri déchirant. Mais elle flottait toujours, descendant lentement en bas, ses cheveux et sa robe relevés par la force de l’air qui l’entourait. Elle percuta le sol avec une force assez grande pour que ses jambes lâchent, mais au moins elle n’était pas morte.
Émalia était là. C’était pour de vrai. Elle lui avait sauvé la vie.
S’affalant dans la neige, des larmes sillonnant ses joues couvertes de suie, grimaçante de douleur, sentant une cloque se former dans son cou, Thelma lâcha un mot.

-Merci.

Et elle s’évanouit à moitié de douleur et de crainte et de privation d’oxygène. Thelma se mit à haleter bruyamment, couchée dans la neige, inconsciente de ce qu’il se passait autour d’elle. Elle entrouvrit les yeux et vit une forme sombre à quelques mètres d’elle, à l’endroit où se trouvait feue arrière-porte de l’orphelinat. Un adulte. Mort ? Mais Thelma ne put en penser plus. Elle s’évanouit complètement.
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Ebba
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MessageSujet: Re: INCENDIE   Lun 7 Mai - 15:11

Le pauvre homme traîna les deux petits enfants blonds plus loin, les mit avec les autres blessés, qu’il avait éloigné des flammes, et revint vers la zone sinistrée. Le feu s’était tellement propagé que les gardes avaient reçu l’ordre de ne plus tuer tout ce qu’ils voyaient, car ils risquaient de tuer de la populace. Et la populace du quartier marchand était plutôt importante pour le bon fonctionnement de l’économie Adarienne.
Ebba sentit du froid sur son visage. Nils lui frictionnait les joues avec de la neige. Elle grimaça et tourna la tête.

-Laisse.

Son frère soupira.

-Ebbikou, il faut bouger d’ici, il faut trouver Thelma. Les autres enfants sont sortis par derrière, on va contourner le pâté de maisons brûlées et on va voir si on peut les retrouver, d’accord ?

Ah oui… Le feu… Des images floues revinrent dans la tête d’Ebba. Elle prit conscience soudainement de ce qu’il s’était vraiment passé. Il n’y avait pas eu que du feu, il y avait eu des morts et des souffrances, et des hommes avaient répandu le mal dans l’orphelinat et tué plein de gentils et d’innocents ! Tant de gens étaient morts, autant des professeurs qu’elle connaissait que des voisins innocents auxquels elle n’avait jamais osé adresser la parole, pour une raison erronée : Certains pensaient que les petits orphelins étaient dangereux. C’était faux, c’était faux !
Elle se mit à trembler et à répéter les mots « c’est faux, c’est faux, c’est faux » encore et encore. Nils sentit l’étendue de son désespoir et la prit entre ses bras sans mot dire. Après quelques instants de tremblements incontrôlés et de larmes étouffées, Ebba se leva d’elle-même en titubant. Elle fit un immense effort de volonté et se mit à marcher, guidée par son frère, vers l’arrière de l’orphelinat en passant par des ruines que le feu avait déjà entièrement consumées.

-Il y a de la douleur là-bas. Et ce ne sont pas des soldats. Et le sentiment ressemble à Thelma. Tu peux aider Ebba, reste avec moi, tout ira bien.

La fillette avança bravement en se bouchant le nez pour ne pas sentir l’odeur putride de sa peur, de sa phobie, du feu. Ils débouchèrent sur ce qui avait été l’arrière cour.

[PDE : Juste pour remettre Ebba et Nils en jeu. Wink Et comme ça Anna a encore deux petites paires de mains en plus. Une pour soigner, l’autre pour gérer la première. Ah, et je pense qu'Anna peut poster. ^-^]
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INCENDIE

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