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| | La taverne de la Nouvelle Lune | |
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Dareth Enchanteur rebelle

 Nombre de messages: 129 Age: 21 Habileté: Invisibilité Date d'inscription: 26/08/2010
 | Sujet: La taverne de la Nouvelle Lune Mer 3 Nov - 17:54 | |
| La taverne de la Nouvelle Lune domine une petite place de l’artère principale de Deneb, qui court de la porte sud au cœur de la ville. Situé dans un des quartiers les plus "sûrs" de Deneb, la taverne est très vite devenue un lieu très fréquenté par la population et par les rares voyageurs et marchants arrivants en ville. Construite il y a 32 ans par William et Nathia, la taverne était reconnue pour son cadre, son gîte et son couvert. Elle ferma brusquement ses portes y a 8 ans, lors de la "disparition" de ses propriétaires, et devint un endroit peu recommandé. Aujourd’hui, elle a rouvert ses portes sous l’égide de nouveaux tenanciers et retrouve de son ancienne popularité. |
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 | Sujet: Re: La taverne de la Nouvelle Lune Dim 28 Nov - 23:52 | |
| Le visage ensanglanté, Khaos observait le monde s’écrouler devant lui, il était devant ce terrible feu qui crépitait de colère alors que Morgana était consumé par les flammes inquisitoires. Le sang s’écoulant de son visage, Lucius tenta de s’approcher d’elle en rampant comme le vers qu’il était en cet instant fatidique. Le regard rempli de larme de tristesse et de rage, il se leva soudainement devant la foule qui applaudissait devant le spectacle sanglant, des archers sur les remparts le prirent pour cible et le criblèrent de flèches, l’une dans la jambe, l’une dans l’épaule gauche et finalement une dernière dans le pied droit. Hurlant de douleur, Lucius s’accrocha à la main de son épouse, alors qu’elle tombait en poussière devant les cris hystériques des villageois, il refusait de la voir mourir une énième fois sans tenter de la sauver. Pousser par un regain d’énergie et de puissance, le chaos qui crépitait dans le fin fond de son âme le consuma entièrement, devenant beaucoup plus que ce qu’il était. Devenant une entité d’ombre infernale, une flamme obscure s’évadant des tréfonds de son âme, il était le chaos, la destruction et la vengeance n’était nulle autre que la dernière flammèche d’un désir bien enfouie.
Le corps de Lucius explosa, libérant une puissante énergie dévastatrice formée de flamme noire brûlant les gardes qui se retrouvèrent tout autour de lui et avant d’exploser il aperçut le visage de l’inquisiteur le regarder avec une expression déconfît, tout autour de lui brûla dans une souffrance démesurée, les villageois crièrent de souffrance, le sang des malotrues qui avaient applaudi le meurtre de sa femme se retrouvèrent séparer de leurs corps, tous périrent, tous eurent les yeux braqués sur lui, lui donnant la satisfaction de savoir qu’ils avaient conscience de la source de leurs souffrances. Alors que le sombre feu se consuma entièrement, la sensation de liberté qu’éprouvait Khaos était à point telle, qu’il en ressentait une puissante jouissance intérieure, son sombre regard était révélateur de ses désirs tout aussi obscurs que ses actes… Et lorsque le feu s’éteignit brusquement, lorsque toute rage avait été consumée à l’intérieur de lui, la puissance du feu obscure s’évanouit aussitôt, ne laissant que mort et carnage sur son sillage….
Lucius se réveilla en sursaut, le visage parsemé de sueur, il crue entendre la voix de Morgana lui murmurer à l’oreille qu’il avait fait un autre cauchemar et qu’une fois de plus il avait échoué dans la mission qu’il s’était donné. Le feu obscur que l’homme de noir vêtu avait allumé venait de s’éteindre, ayant consumé toutes les petites brindilles qu’il avait amenées plus tôt, il se contenta donc d’émettre un grognement sonore et de s’assoir sur la couche de mousse verdâtre qu’il s’était improvisée au détriment de mère nature. Le visage déconfit, il passa ses deux mains dans sa chevelure et les ramena jusqu’à son visage tentant de reprendre pleinement contact avec la réalité. Il voyait toujours la silhouette de sa femme décédée devant lui, peu importe ce qu’il faisait, peu importe les moyens qu’il empoignait, Morgana lui apparaissait constamment, produit abrupt de son imagination délirante, de son esprit troublé par la colère et le traumatisme de la mort.
Il l’observa un long moment, celle-ci lui faisait de petits yeux angéliques, comme si elle n’était qu’une innocente paysanne, alors que la projection qu’il en faisait était beaucoup plus viscérale que la véritable personne qu’elle avait été. Les deux êtres plongèrent leurs regards l’un dans l’autre, Morgana avança lentement devant son mari, les bras croisés derrière le dos, plus elle avançait, plus elle empoignait une posture subjective. Humidifiant ses lèves pulpeuses de sa langoureuse langue, elle lui fit un petit sourire à la fois coquin et provocateur puis lorsqu’elle fût suffisamment près de lui, elle lui chuchota de terribles paroles à l’oreille.
«Si seulement tu avais été plus puissant, lui dit-elle avec un petit ricanement, si seulement tu m’avais sauvé des flammes de l’enfer, nous aurions pu partager un merveilleux moment, ici et maintenant. Mais tu as échoué, tu m’as laissé mourir et les habitants d’Adara seront à jamais les témoins de ton échec, tu avais promis de me protéger, tu avais promis dès notre mariage que nous serions à jamais ensemble. Mensonge, sifflota-t-elle, ton existence n’est qu’un abîme dans lequel j’étais ton seul espoir de bonheur, maintenant que je ne suis plus, que feras-tu mon tendre époux? Que feras-tu? » Quelques larmes s’écoulèrent sur le visage de Lucius, ses poings jusqu’à ce que ses ongles transpercent légèrement sa chaire. Les yeux rivés sur l’apparition de son épouse, il tenta de la chasser de ses pensées. À chacun de ses réveils, Morgana était là, lui répétant plus ou moins les havres de son échec, le blâment pour la mort qu’elle avait subît. Lucius sentît les battements de son cœur s’accélérer, trois ans déjà s’étaient écoulé depuis la tragédie qui avait détruit son existence, mais malgré le temps les cauchemars persistaient et Morgana était toujours dans l’abime de son esprit à le torturer pour son impuissance. Tentant de ne pas perdre le contrôle de lui-même, Lucius se leva lentement et repoussa la projection de Morgana hors de son chemin, puis il commença à avancer à travers la forêt obscure en détaillant avec exactitude ce qu’il voyait. D’énormes feuillus, sans doute des érables, s’élevaient jusqu’aux cieux projetant une ombre tout aussi immense qui assombrissait tout autour de lui dans sa projection, il observait l’écorce des arbres qu’il toucha pour en ressentir pleinement la rudesse sur son épiderme.
Il ferma alors les yeux quelques instants et lorsqu’il les ouvrit, l’image de Morgana était finalement disparue. Les battements de son cœur diminuèrent considérablement, lui laissant la chance d’observer le monde qui l’entourant avec toute la lucidité qu’il avait besoin. Les larmes de ses yeux séchèrent rapidement alors que son corps se sentit beaucoup plus libre qu’aux parts avant. Lucius s’apparait alors à remballer son nécessaire de voyage et à continuer son chemin vers la cité de Deneb. Rapidement, il cueillit quelques baies sauvages qu’il avala gloutonnement puis il entreprit de retrouver le chemin qui le mènerait jusqu’à la cité du vice. Prenant soin de descendre sa capuche le plus possible jusqu’à l’orée de ses yeux, il pouvait ainsi évité d’être totalement identifié lors de son périple et qui plus est un homme entièrement vêtu entièrement d’une tunique noire était rarement susceptible de se faire déranger inutilement que le commun des voyageurs.
Les heures passèrent, lentement alors que l’homme continuait de marcher vaillamment jusqu’à ce que les premières silhouettes de Deneb se dessinent sous ses yeux avares, le changement de température lui avait semblé aussi radical que l’apparition de la citée, marchant à présent dans une petite neige légère, il sourit à l’idée que sa femme aurait aimée contempler se spectacle puis son teint se rembrunis aussitôt, la simple pensée de Morgana lui était aussi douloureux qu’une dague acérée en plein cœur, l’homme tituba quelque peu avant de se rattraper au dernier moment, il était épris de profond étourdissement à chaque fois qu’il luttait contre la folie qui s’était emparée de son esprit. La silhouette de sa femme réapparut alors, plus puissante que jamais elle le repoussa en arrière et elle le renversa dans la neige avant de ce jeté à ses côtés et à rire aux éclats. Il la voyait heureuse à ses cotés, malicieuse apparition qui le torturait constamment, les hymnes de leurs amours avaient été si puissant que son esprit avait perduré à travers lui, moteur premier de sa folie, du chaos qui régnait à l’intérieur de son esprit.
Tous deux se regardèrent alors, le visage dans la neige, engourdie par le froid, si un voyageur avait passé en ce même moment par la route menant à Deneb, il aurait aperçu un homme seul riant aux éclats tout en jouant dans la neige. La vision de son amour disparu alors tout aussi brusquement qu’elle était apparue, l’homme se releva tout aussi rapidement, puis d’une mine rabougris il continua de marcher comme si rien n’était vers la citée du vice qui comblerait ses moindres désires. Lorsqu’il atteignit finalement le portail de la citée, les gardes le regardèrent attentivement puis lui fît signe d’entré avec un petit clignement d’œil accueillant, l’homme les ignora prestement et avança vers l’auberge qui lui semblait le plus prêt, là où il pourrait se réchauffer la gorge d’une boisson alcoolisée.
Il pénétra donc dans la première auberge qui se dressa sous ses yeux, portant le nom de la Nouvelle Lune, il ne s’arrêta pas au vacarme qui semblait émané des lieux, l’homme dut jouer du coude afin de traverser la porte d’entrée et voyant qu’il ne restait plus que deux places libres près d’une fenêtre, il alla s’assoir à ce qui semblait être la dernière table inoccupée de la taverne. Une serveuse se dépêcha alors de prendre sa commande, et poliment il lui demanda une bouteille de son meilleur vin, sachant que ses économies allaient en payer le prix. Lorsqu’elle revînt avec sa commande, il releva sa capuche dévoilant un sourire mauvais, puis d’un léger clin d’œil il humecta ses lèvres de sa langue comme l’avait fait l’apparition de sa femme un peu plus tôt. La serveuse lui rendît son clin d’œil, récupéra son dû en or et disparue vers les cuisines. Lucius se versa lors une coupe de vin, de son nez fin il ressentit tout le bouquet qui s’en dégageait avant de gouter le vin d’une timide gorgée, laissant le liquide affluer à travers sa gorge il ferma lentement les yeux, savourant ce moment avec un plaisir pervers, imaginant le monde brûler par son ténébreux pouvoir. D’un sourire mauvais, il repris une deuxième gorgée, cette fois-ci beaucoup plus cordiale, et avala entièrement le contenu de sa coupe tout en appréciant la chaleur et l’ivresse que l’alcool lui procurait.
« Que feras-tu? Lui demanda alors une voix suave et insistante qu’il connaissait que trop bien. »
«Je détruirais Adara, dit-il un peu trop fort en donnant un coup de poing sur la table. Je réduirais leurs misérables cité en cendre et je vengerais ta mort, Morgana, je détruirais leurs exécrables royaumes et crucifirais leurs noblesses comme ils le méritent! » |
|  | | Dareth Enchanteur rebelle

 Nombre de messages: 129 Age: 21 Habileté: Invisibilité Date d'inscription: 26/08/2010
 | Sujet: Re: La taverne de la Nouvelle Lune Jeu 2 Déc - 20:21 | |
| Aucun son, aucune parole ne sortirent de la bouche de l’informateur lorsque mon poing frappa violement son estomac. L’homme se retrouva à genoux dans la neige fraîchement tombée. Plié en deux, il posa une main à terre afin de ne pas perdre l’équilibre, et l’autre vint masser son abdomen. Alors qu’il tentait par ce geste d’apaiser le feu qui dévorait l’intérieur de son ventre, je le voyais et entendais haleter frénétiquement, cherchant à reprendre son souffle. Sa bouche s’ouvrait et se fermait, sans toutefois parvenir à capturer le moindre souffle d’air. Il releva la tête vers moi, les yeux écarquillés, presque exorbités, sous la puissance du choc. Ces yeux, cette bouche… l’expression qu’affichait cet homme, me faisait penser à un poisson hors de l’eau, se mourant lentement, cherchant à tout prix à respirer un air qu’il ne pouvait assimiler. Hoquetant plusieurs fois, il réussit finalement à retrouver son souffle. Sans réussir à produire un son audible, je lus sur ses lèvres la question suivante :
- Pourquoi ?
Cette interrogation n’eut pour effet que de m’énerver d’avantage. Il connaissait pertinemment ma demande et je savais qu’il en avait la réponse. Pourtant, il s’efforçait de feinter l’ignorance et la perplexité. Les quelques rayons de lumière qui parvenaient à filtrer dans cette sombre ruelle, venaient se réfléchir sur la neige immaculée et éclairer faiblement mon visage encapuchonné, donnant à mes traits une apparence méphistophélique. Je lui adressais un regard empli de haine. Lorsque qu’il s’en aperçut, je vis briller au fond de ses yeux la terreur. Il tenta de reculer. Avant qu’il ne fasse un seul geste, mon bras bondit sur lui. La main attrapa sa gorge et je le soulevais, le faisant quitter le sol. Puis je le plaquais de toutes mes forces contre le mur le plus proche. Le choc raisonna dans tout son être. J’avais mis tellement de puissance, que je ressentis également la secousse. Mes doigts, à l’instar des serres d’un rapace, serrèrent la gorge de l’informateur. Une de ses mains se posa sur mon poignet et l’autre vient frapper mon avant-bras. Il essaya vainement de me faire lâcher prise, mais je ne ressentais rien. Aucune douleur physique, aucun remords. Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée. Ses yeux commençaient à se révulser. Ses pieds et ses jambes qui s’agitaient frénétiquement dans le vide il y a peu de temps, cessèrent peu à peu de bouger. D’ici peu de temps il tomberait dans l’inconscience. J’avais affermis ma prise de façon à ce que son agonie soit lente et pénible, mais non mortelle. Avant qu’il ne sombre dans l’inconscience, je desserrais légèrement les doigts. Profitant de l’instant, il réussit péniblement à respirer. N’ayant cessé de le fixer de mon regard noir, je remontais légèrement ma prise et bloquais sa tête dans me direction. Ce qui n’était qu’une faible lueur au fond de ses yeux s’était transformé en une terrible angoisse :
- Je t’ai posé une question. Dis-je sur un ton intimidant. Maintenant tu vas me répondre... Correctement.
Ma voix était le reflet de mon être intérieur : froid, sans émotion, mais porteur d’une terrible menace. D’un signe de tête, l’homme acquiesça. Certain qu’il n’oserait plus me mentir, je le libérai. Il tomba alors à terre et se retrouva assis dans la neige. Instinctivement il passa sa main sur son cou et derrière sa tête, là où elle avait frappé le mur. Je lui laissais le temps de reprendre son souffle. Lorsqu’il parvint à parler plus ou moins normalement il me dit d‘une voix haletante :
- Je vois de qui vous voulez parler. Mais je ne sais pas où il est. Mais… mais je connais quelqu’un qui le sait ! - Qui ? Grondai-je en faisant un pas vers lui. - Un de ses anciens lieutenants. Balbutia-t-il en levant les bras devant son visage, la peur faisant trembler son corps. Un dénommé Fabian… oui c’est ça : Fabian. - Et où je peux le trouver ? - Il… il va tous les jours à l’auberge de la Nouvelle Lune.
Je ne pus réprimer un sourire ironique en pensant que la maison où j’ai vécu mon enfance, le lieu où j’ai tant souffert en apprenant la mort de mes parents, la demeure où est apparu mon pouvoir, l’endroit qui a réuni tous les moments bouleversants de ma vie, serait à nouveau le lieu où une nouvelle page de mon existence allait se dessiner.
Maintenant j’avais un nom et un endroit pour débuter ma quête. En réfléchissant à cela, une foule de pensées se bousculèrent dans mon esprit. Instinctivement, je tournai le dos à l’informateur. Il y a six ans, je n’aurais jamais cru cela possible. Et pourtant j’avais tant espéré que se produise un jour. Mais enfin l’heure de vérité avait sonné et ma quête vengeresse allait enfin pouvoir débuter. Cela faisait maintenant six ans que j’attendais de retrouver la personne responsable de la mort de mes parents. Je n’avais presque rien sur lui : un nom, Alec, et un visage, tous deux gravés dans mon esprit. Six longues années durant lesquelles je n’ai cessé de ressasser cette dernière scène à l’auberge de mes parents, me rappelant de tous ces visages d’hommes, de l’épave qu’était devenue ma demeure… Six ans, au cours desquelles je n’ai pas arrêté de ruminer ma haine face au monde et mes désirs de vengeance, m’entraînant et me perfectionnant dans l’unique but d’atteindre l’excellence dans l’art du combat et de l’assassinat. Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule et vis mon informateur se relever, essuyant la neige de ses vêtements. Et aujourd’hui, derrière moi, au fond de cette allée obscure, se tenait un homme, le premier maillon d’une chaîne, le début d’un fil d’Ariane, qui me mènerait toujours plus loin vers mon objectif. Il était temps que je me saisisse de ce fil et que je suive cette piste. Toutefois, il était dangereux, voire inconscient, pour moi de laisser une telle trace derrière moi. Il fallait que je brûle ce fil après mon passage, que je brise chaque maillon de cette chaîne. Il n’y aurait de témoin que si j’en décidais ainsi.
Ma décision fut prise. Ma main droite passa par-dessus mon autre épaule et vint cueillir entre ses doigts le manche de l’épée courte que je portais dans mon dos. D’un mouvement sec, la lame fut tirée de son fourreau dans un silence parfait. Je ramenai la lame et mon bras près de mon corps tout en me rabaissant. A ce moment je pivotais sur moi et me retrouvait à nouveau face à mon informateur. Je relevai la tête et, lorsque je pus lire l’incrédulité puis la terreur au fond de ses yeux, je me relevai brusquement, étirant tout mon corps, tendant mon bras droit. La lame décrit alors une longue et véloce oblique de bas en haut. Ma victime ne vit rien et ne ressentit aucune douleur. Pour elle ce ne fut qu’un vif éclair argenté, suivit d’une étrange sensation, comme si quelqu’un lui avait fait passer en vitesse sous son cou, une écharpe de soie glacée. Ce n’est qu’après qu’elle comprenait l’horreur de la situation. Je vis l’homme porter désespérément ses mains là où se dessinait à présent une large entaille sanguinolente. Mais tout cela était vain. Ses forces le quittaient rapidement, au fur et à mesure que le précieux liquide rouge coulait de sa gorge, maculant ses mains et ses vêtements. En quelques instants la vie l’avait quitté. Les mains sur son cou, le teint livide, les yeux hagards, l’homme s’effondra de tout son poids dans la neige rouge. Je le regardais un moment, sans éprouver le moindre remords. Finalement, je reportai mon regard sur ma lame. Sur la pointe se tenait une fine goutte de sang. Je l’essuyais sur la large bande de tissus rouge qui ceinturait ma taille. Puis, toujours sans un bruit, je rengainais mon arme et, sans plus attendre, quittai la ruelle sans me faire remarquer.
Après une dizaine de minutes de marche, j’arrivai enfin devant mon ancienne demeure. Sous la neige, il se dégageait de la petite place où se trouvait l’auberge, une certaine sérénité, faisant oublier toutes les horreurs qui se déroulaient quotidiennement à Deneb. Je levais les yeux vers le ciel. La tempête était finie depuis en moment, mais les nuages laissaient seulement maintenant apparaitre la voûte azurée. Je tendis le bras, amenai mon autre main à ma bouche et émis un puissent sifflement. Je n’eus pas longtemps à attendre avant que le jeune faucon ne se pose sur mon gant. Je pris un bout de viande séchée dans une de mes sacoche et le lui tendis. Tandis qu’il avalait le morceau de viande, je me dirigeai vers l’entrée de l’auberge. Alors que ma main poussait la massive porte, je regardai à nouveau Nox et lui dis :
- J’imagine que ça te fera du bien de te réchauffer.
Mon entrée dans la taverne n’aurait pas pu être plus discrète. Mais pour une fois, je ne cherchais pas à être discret. Pendant un moment tous cessèrent leur conversation et tournèrent leur regard vers moi. Ignorant toutes ces personnes, je levais mon bras et le jeune rapace alla se poser sur une des nombreuses poutres de la salle, tandis que moi je continuai vers le comptoir. Progressivement, chacun repris sa conversation et les clameurs et lamentations recommencèrent à envahir la salle. En arrivant au bar, l’homme qui se trouvait derrière m’apostropha avec un grand sourire :
- Bonjour étranger. On peut dire que votre arrivée n’est pas passée inaperçue. Bon, qu’est-ce qu’il vous faut ? - Je cherche un certain Fabian. Il vient souvent ici. - Que lui voulez-vous ? Demanda le barman en perdant tout sourire. - C’est privé. Répondis-je en lui adressant un sombre regard. - Bah… il est pas encore là. - Bien je vais l’attendre. Il reste une place là-bas. Vous m’apporterez une bière.
Un sourire au coin des lèvres, je me dirigeai vers la dernière place de libre. C’est alors que je remarquai cet homme. Entièrement vêtu de noir, seul avec une bouteille de vin, noyant je ne sais quel désespoir dans l’alcool. Finalement je m’assis à la table. Alors que j’aurais du être concentré sur l’arrivé de ma cible, mon attention fut prise par ce que disait cet homme. Dans le vacarme qui régnait ici, je ne parvenais pas à tout saisir. Toutefois, cela semblait très intéressant. |
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 | Sujet: Re: La taverne de la Nouvelle Lune Dim 22 Mai - 15:33 | |
| La monture du chevalier ne semblait guère obéir au commandement de son cavalier. Morathis tentait par tous les moyens de faire avancer le cheval mais celui-ci refusait catégoriquement de pénétrer la sombre forêt qui était le dernier obstacle avant d’arriver finalement à la citée de Deneb. La monture ne faisait qu’à sa tête, ressentant peut-être un danger, elle raclait le sol de ses sabots et désirait ardemment se libérer de l’étreinte de son maître. Le chevalier tentât de flatter la crinière de la bête afin de la calmer, chose qui fonctionnait habituellement mais que cette fois échoua lamentablement. Au lieu de calmer la bête, son action l’énerva d’avantage et celle-ci se cabra puissamment sur ses deux pattes arrière. N’ayant pas le temps de se retenir après la courroie de l’animal, le noble tomba sur les muscles de son dos pendant que le cheval en profita pour s’échapper. Morathis se releva alors en massant du mieux qu’il le pouvait son dos endolori par la douleur. Il observa sa monture partir dans la direction inverse en galopant intensément jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
L’homme resta planté là, à l’orée de la forêt, assis les jambes croisés à se masser le dos jusqu’à ce que la douleur diminue. Après quoi il se releva lentement sur ses deux jambes et entreprit de marcher le reste du trajet jusqu’à Deneb. La sombre forêt ne semblait guère attirante et alors que le crépuscule tombait, elle en était encore plus terrifiante. D’une grimace remarquable il avançait lentement sur le grand chemin et pénétra dans la forêt avec une main nerveuse près à dégainer ses glaives au moindre signe de danger. Le hurlement d’un loup le fit sursauter et lorsqu’il leva les yeux vers le ciel il remarqua que la lune était pleine, un mauvais signe qui ne faisait qu’intensifier le mythe de la dangereuse forêt obscure. L’on parlait de monstre et de sorcier, de valeureux voyageurs tombé au combat contre des hordes de bandit. On parlait même de créature mythique et de dragon sauvage, qui prêt à vous dévorer entièrement, n’attendait qu’un faux pas de votre part.
Morathis ne croyait pas à ces vieilles légendes de paysans et de troubadour, elles ne servaient qu’à effrayer les vagabonds de grands chemin et les vautours en tout genre. Malgré sa non croyance dans les mythes et les légendes, il savait cependant pertinemment que la forêt abritait un mal beaucoup plus sinistre qu’il n’y paraissait. Un mal qui était prodigué par celui des hommes et leurs déchéances morales. Les bandits et les hors la loi de tous genre avait la réputation de se dissimuler dans les endroits sombre qui n’attirait pas les regards, la forêt obscure ne faisait pas exception à cette règle. Et bien qu’elle ne fasse pas exception à cette règle, elle en était une source principale nourricière d’exploits commis par de vulgaires brigands de grand chemin. Ces mêmes brigands l’inquiétaient d’avantage que les légendes farfelues auquel il avait souvent été confronté.
Le chevaleresque guerrier du roi avança durant près d’une heure dans la terrible forêt sans qu’il soit confronté à aucun incident. Cette même forêt était calme, d’une quiétude qui le laissait pantois et qui ne faisait qu’alimenter son sentiment de malaise. La lune était à présent bien levée, cette même bonne vielle pleine lune qui lui avait servi d’éclat lumineux par le passer ne lui était désormais d’aucune utilité, d’aucun réconfort. Le bruit du vent dans les branchages était le seul qui était audible dans ce triste et macabre paysage. À sa grande surprise il n’entendait plus le cri des loups dans la nuit. Bien qu’il ait dû sans doute trouver cela réconfortant, il en éprouva une crainte encore plus profonde et il s’étonna même à désirer rebrousser chemin. Luttant contre ce désir enfouis, il écarta sa peur en inspirant calmement et en expirant sur le même rythme. Quelques minutes plus tard Morathis avait repris son chemin avec un peu plus d’assurance.
Soudainement, il entendit un bruit de brindilles tout autour de lui. Sans même réfléchir il dégaina ses deux glaives d’acier et s’arrêta prudemment dans le milieu de la route afin de profiter d’un terrain à découvert dans lequel il pourrait utiliser son « don » maudit s’il n’avait pas d’autre choix. Ses yeux luisaient d’une certaine excitation à l’idée de combattre un ennemi, peu lui importait la nature de celui-ci, il était prêt à affronter les forces des ténèbres eux-mêmes si ils se présentaient sur sa route! À cette pensée, une ombre difforme s’élança contre lui, ayant quatre patte et une longue queue il reconnut aussitôt la forme d’un loup s’avancer alors qu’elle se rapprochait d’avantage. Instinctivement lorsque le loup bondi vers lui, le chevalier plongea sur le côté gauche et se releva rapidement pour faire face à le loup qui grognait et lui démontrait sa splendide dentition. Le guerrier abaissa son glaive gauche vers le bas et garda celui de droite au-dessus de sa tête puis il avança prudemment vers le monstre des bois.
Le loup tourna lentement autour de sa proie, il ne s’attendait sans doute pas à ce que cette dite proie soit aussi bien armée. Mais le loup solitaire était affamé et les nombreuses cicatrices parsemées à travers son pelage prouvaient qu’il était vétéran de nombreuses batailles, tout comme son adversaire par ailleurs. L’homme et la bête se fixèrent dans les yeux, comme si un combat psychologique était lancé entre les deux, chacun guettait une faiblesse dans la défense de l’autre, et finalement lorsque le loup renifla l’odeur de la peur que dégageais l’homme il passa à l’attaque. La bête fit mine de tourner les talons et de reculer lentement vers la forêt. Au dernier moment, elle se retourna précipitamment et chargea son adversaire avec une force admirable. Il bondît adroitement, visant la gorge de son ennemi avec ses crocs, car après tout l’animal savait qu’un combat contre un humain armé ne pouvait que se finir rapidement que si celui-ci était maîtrisé dans les premières minutes.
Morathis fût soudainement ébaubi devant le spectacle que la bête lui offrait, feintant la retraire, celle-ci le chargeait de nouveau cette fois-ci avec une force qui le projetterait sans doute sur le sol. Le chevalier, d’instinct aurait été porté à rouler de côté mais il savait que cette fois-ci la technique ne fonctionnerais pas. Il décida donc de briser sa garde et de plonger son corps vers l’avant suivant les mouvements de ses lames qui s’abattirent respectivement, la gauche vers le haut et la droite vers le bas, en direction de l’animal qui plongeait sur lui. Sa lame gauche toucha habillement le torse de l’animal mais le poids du loup était trop lourd pour être évité et ils tombèrent tous deux sur le sol. L’animal au-dessus de l’homme tenta d’enfoncer ses crocs, durant leurs tombés, dans la jugulaire de l’homme mais rentrant sa tête vers l’arrière, le loup se contenta de l’épaule droite. Les crocs acérés de la bête lui lacéra la chaire avec une efficacité remarquable. Il lâcha, bien malgré lui, un hurlement bestial de douleur et sa main droite s’ouvrit laissant s’échapper son précieux glaive d’acier. Au moment où ils frappèrent le sol, le loup s’accrocha encore à l’épaule de sa victime et avant que l’animal puisse réagir, sa tête heurta douloureusement le sol.
La bête lâcha donc sa prise au grand soulagement de Morathis. Les yeux emplis de colère, l’homme savoura le gémissement de douleur que beugla le loup et il se tourna sur le ventre afin de protéger sa jugulaire. Le chevalier se releva à demain, un genou sur le sol, il observait la bête se remettre du premier assaut. L’homme profita de ce moment de répit pour analyser la situation, il était désarmé, sa lame de gauche était incrustée dans le torse du monstre et sa lame de droite était hors de sa portée, jonchée sur le sol. Le guerrier plongea les yeux dans celui de la bête, tentant d’ignorer le mélange de sang et de salive qui s’écoulait de son épaule, il en ressentait pleinement la douleur mais tentait vainement de l’ignorer. L’homme leva son bras valide en direction de la créature et tentât d’utiliser son don à l’encontre de l’animal, malheureusement la douleur qu’il éprouvait semblait altérer sa faculté de concentration et ce fût à ce moment précis que des sueurs froides envahirent Morathis.
Ses pouvoirs venaient de défaillir, il était incapable de se concentrer et de lutter contre la bête, la douleur et la sensation du sang qui s’écoulait de sa blessure lui faisait perdre l’avantage incontestable qu’il aurait pût avoir sur la bête. La peur l’envahit soudainement, il n’était plus se chevalier courageux en mission du roi, mais bien un homme comme tous les autres devant la déchéance d’une mort prochaine. L’homme se releva brusquement, la peur était une sensation normal chez chaque homme, l’unique degré de différence était la capacité de la contrôler. Sa peur se mua rapidement en un sourire ravageur, si il devait mourir, si les forces de l’éther désirait sa mort, il tomberait en guerrier, nulle autre mort ne lui conviendrait davantage. Rapidement, l’homme arracha un morceau de sa tunique et il enroula le « ruban » autour de sa blessure de façon à la couvrir pendant que le loup tournait autour de sa proie et émettait des grognements sonores.
À la grande surprise du loup, ce ne fût pas lui qui chargea mais bien l’homme. Dans un mouvement fugace, mais distinctif, l’homme s’élança vers la bête avec une agilité impressionnante et tenta de lui flanqué un coup de botte au visage. Le bête était cependant beaucoup plus rapide que l’homme et avant que le pied de Morathis n’atteigne sa cible, le loup l’esquiva en bondissant un mètre plus loin. Profitant du déséquilibre temporaire de l’homme, le loup bondit à son tour vers le chevalier, visant cette fois l’épaule qu’il avait si agréablement savouré. Le serviteur du roi s’accroupis rapidement alors qu’il anticipa le mouvement de son adversaire, le loup ayant déjà bondît ne pouvait guère changer la trajectoire de sa course et l’homme vit le loup frôler ses cheveux. Au même moment il leva la main gauche et retira rapidement sa lame dans la chaire de l’animal afin de la récupérer. Le loup émis un couinement de douleur, le sang de l’animal gicla sur le sol et la faiblesse de sa blessure lui enleva la chance d’atterrir gracieusement sur ses pattes.
L’animal se remit rapidement en position offensive et avança cette fois plus lentement vers son adversaire. Les crocs bien en évidence, il désirait mettre un terme à la vie de son repas afin de s’en repaître et de retourner dans les bois. L’homme répondit au grognement de l’animal d’un ricanement sonore, il était heureux d’avoir réussi à récupérer son arme et sentait qu’il pouvait à présent vaincre son ennemi. L’homme fonça de nouveau sur la bête, à l’exception que cette fois-ci il avait son arme pour se défendre, utilisant la même tactique de défense, le loup esquiva d’un bond le premier coup de pied. Malheureusement pour lui, le temps qu’il atterrisse un mètre plus loin, l’homme s’avançait à grande enjambé et au moment de l’atterrissage, le loup reçu un puissant coup de pied droit dans les côtes. L’animal émît un gémissement, mais réussi à éviter le coup du pied gauche qui n’avait d’autre but que son visage. Le loup grogna, puis d’un coup de mâchoire il provoqua le recul du pied de son ennemi et ils se confrontèrent de nouveau du regard.
L’animal tout aussi essoufflé que l’homme, émis un hurlement terrifiant, avant de se jeter de toute ses forces vers l’homme visant la jugulaire de celui-ci. Cette fois Morathis ne recula pas, et il n’avança pas d’avantage. Il resta immobile jusqu’au dernier moment, puis dans un mouvement qu’il avait répété mainte et mainte fois, il lança son glaive dans les aires. Le loup montra alors les crocs, presque à porter de la jugulaire de l’homme, mais au dernier moment celui-ci s’élança dans les aires et rattrapa son glaive de la main gauche et au moment où la mâchoire du loup frôla la jugulaire du chevalier, il enfonça son glaive puissamment sur le flanc du coup de l’animal. Le sang gicla terriblement et l’animal s’effondra mort sur le sol. L’homme observa le loup avec satisfaction puis il tomba lui-même sur le cadavre du loup, affaibli par le sang qu’il avait perdu et par l’énergie inutilement puisée en essayant d’utiliser infructueusement son pouvoir.
Les paupières du chevalier lui semblaient étrangement lourdes alors qu’il regardait le monde défiler devant lui, tournoyant dans sa tête telle une transe immuable. Il entendit des voix s’élever autour de lui, mais avant qu’il ne puisse réagir, il se sentit soulevé de terre et fût jeté sur une paillasse de foin. La douleur le tenaillait sans cesse et alors qu’il tenta de se redresser pour faire face aux ombres qui l’observait, il s’aperçu que sa bourse avait disparue et que ses papiers portant le sceau royal avait été brûlé. Comble du déshonneur, il était pied et poing liés dans une charrette de foin. D’un léger coup d’œil par les trous qui parsemait la charrette, il aperçut la cité de Deneb le lorgner tel un être maléfique. Ses yeux se plissèrent à la vue des portes de la sombre citée, il tentait désespérément de se libérer mais il en était incapable et ses énergies étaient totalement vidés. Morathis sombra alors brusquement dans le sommeil, sans préambule, il se retrouva dans le royaume des rêves.
Lorsque ses yeux s’ouvrirent il s’aperçut qu’il était dans une sombre pièce, sans aucune fenêtre et donc sans aucun trait quelconque de lumière. Il tentât de se débattre et compris aussitôt qu’il était attaché à une chaise de bois, les pieds trempés dans de l’eau glacé. Étant lui-même un connaisseur des moyens de tortures employés, il comprit aussitôt que ses ravisseurs voulaient faire descendre sa température. Son épaule sembla avoir arrêté de saigner et un bandage avait adroitement été fait. La porte de la pièce s’ouvrit brusquement sur trois hommes ayant une carrure de soldat, Morathis les observa l’un à un, scrutant leurs regards avec attention jusqu’à ce que l’un d’eux prenne la parole.
«Un Chevalier du roi ici, à Deneb? Lança le chef des trois gaillards en ricanant. Que venez-vous diantre faire dans notre belle cité? »
Morathis devina aussitôt que l’un des trois chimères savait lire et qu’ils avaient lus ses papiers sur lesquels était apposé le sceau royal. Réfléchissant rapidement, le chevalier fît mine de se racler la gorge puis le chef de la bande s’approcha de lui avec une chandelle et le regarda droit dans les yeux.
« Je suis le chevalier Morathis, dit-il avec fierté, et sur ordre du roi d’Arietis je viens enquêter sur le meurtre d’une vieille connaissance. »
Le chef de la bande l’observa lentement au fur et à mesure qu’il parlait et lorsqu’il eût fini, celui-ci le gifla fortement au visage.
« Chien d’Adara! S’écria le chef de la bande. Tu mens, tes pupilles se dilatent à mesure que tu nous livres tes balivernes. Peu importe ce que tu viens faire ici, noble connard, le roi n’a aucune autorité en ses lieux. Tu as intérêt à faire ce qu’on te dit si tu ne veux pas trépasser dans l’au-delà! »
Morathis prit une grande respiration avant de continuer. Il regardait toujours le chef de la bande même si la gifle qu’il avait reçu l’avait ébranlé, l’eau glacé dans lesquelles ses pieds trempaient commençait à faire leurs effets. Le chevalier frissonna, ayant un peu plus de mal à se concentrer il tentait tout de même de maîtriser ses pensées, puis il décida qu’il gagnera d’avantage en leurs disant la vérité.
«Je suis Morathis chevalier du roi, débita-t-il avant de continuer sur un ton de lassitude, et j’ai été envoyé en mission afin de découvrir ce qui causait autant de dissidence envers la couronne d’Adara ici à Deneb. J’ai accepté cette mission en sachant les risques qu’elle engendrait, en fait j’ai accepté cette mission dans l’unique but d’avoir la chance de quitté Adara. »
Le chef de la bande recula lentement, un sourire perché sur ses lèvres puis il jaugea sont prisonnier avec une certaine avidité.
« Ici vous n’êtes rien, décréta-t-il sournoisement. Oubliez toute mission que vous pourriez avoir pour le compte du roi ou de tous autres habitants d’Adara. Nous vivons libres, sans que personne ne se mêle de nos petites affaires. Tu es, Morathis, dans l’édifice de la guilde marchande de Deneb. Nous contrôlant l’économie locale... si tu vois ce que je veux dire. Prends quelques jours de repos, on te libérera et tu seras escorté par l’ami Miriakor qui se tient à la ma gauche. Tu es une recrue maintenant, que tu le veuille ou non, on a toujours besoins de mains d’œuvre! »
*** *** ***
Quelques semaines plus tard, Morathis avait sus gagner sa place au sein de la guilde marchande de Deneb en tant que simple recru. On ne lui faisait pas confiance mais il s’était vu attribuer sa première mission. Il devait négocier l’embauche de mercenaire pour le transport armé d’une caravane en dehors des murs de Deneb. Installé confortablement à l’une des tables, son épaule lui faisait toujours mal, mais il était capable de se concentré face à l’homme qui lui faisait face, chose qui importait plus que tout autre. Les deux personnages discutaient environ depuis une heure déjà sur les termes d’un contrat d’embauche lorsque les deux hommes se mirent soudainement à se quereller sur le prix à adopter. Un homme assis à côté de leur table se leva alors et dégaina son épée puis menaça Morathis de la pointe de sa lame.
« Calmez-vous! Lança Morathis d’une voix posée, me menacer au beau milieu d’une auberge ne vous aideras-pas à obtenir ce que vous voulez. Le contrat est limpide et n’est assujetis à aucune obligation de négociation : Vous faîtes le travail et vous êtes payés la somme indiquée, vous n’obtiendrez rien de plus. Si vous ne voulez pas de ce contrat, passée votre chemin! »
Le ton de Morathis était ferme, ses mains juxtaposé sur la garde de ses glaives, il regardait autour de lui afin d’être prêt à toute les éventualités. L’homme assis à la table se leva alors et la renversa au pied de Morathis puis les trois hommes quittèrent furieusement l’auberge. Morathis enroula le parchemin du contrat puis le plaça entre sa ceinture et sa taille, il aida l’aubergiste à ramasser les dégâts puis il s’assit à l’une des tables en jouissant de l’alcool, observant judicieusement les personnages dans la pièce attendant la venue de son deuxième rendez-vous.
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|  | | Dareth Enchanteur rebelle

 Nombre de messages: 129 Age: 21 Habileté: Invisibilité Date d'inscription: 26/08/2010
 | Sujet: Re: La taverne de la Nouvelle Lune Lun 13 Juin - 16:54 | |
| Deneb est une ville où beaucoup de rumeurs circulent. Si certaines s'avèrent être fondées, la plupart ne se basent que sur des tissus de présomptions et ne servent qu'à embrumer l'esprit de ceux qui les entendent. De nombreuses fois lors de la quête j'avais fait les frais de ces racontars sans valeur. Je ne cherchais même plus à me souvenirs combien de fois l'on m'avait mis sur de fausses pistes. Malgré mon calme et ma patience, le fait de me retrouver dans une impasse me mettait hors de moi. J'étais prêt à incendier la ville entière afin d'arriver à mes fins... Toutefois, le vent semblait tourner. Cela faisait maintenant quelques temps que j'avais quitté Dred et ses rebelles, que j'avais rallié ma ville natale et avais commencé à traquer le responsable du plus grand de mes malheurs. Ce ne fut pas sans peine, mais je tenais à présent une piste sérieuse. Étrangement, elle me ramena dans la demeure de mon enfance à Deneb : La taverne de la Nouvelle Lune ; où je devais y chercher un certain Fabian.
Je venais de m'installer à une table depuis quelques minutes, lorsque le tavernier vint m'apporter la bière que je lui avais commandée. Au même instant, la porte de la taverne s'ouvrit et homme entra. Le tavernier se pencha vers moi et, en pointant discrètement du doigt le nouveau venu, me dit à l'oreille :
- C'est votre homme.
Mon regard se porta alors sur l'homme. J'avais l'étrange impression à son sujet. Je ne savais pas exactement pourquoi, mais sa présence me mettait mal à l'aise. De plus, son visage me semblait familier, comme si je le connaissais personnellement... Sans détourner mon regard de ma cible, je sortis une bourse remplie de pièces en argent, la tendis au tavernier et lui dis sur un ton neutre mais ferme :
- Dites-lui de me retrouver maintenant dans l'arrière-cour. Donnez-lui cet argent pour le motiver. - Et qui dois-je lui annoncer ?
Je bus ma bière cul-sec, me levai et répondis :
- Une vielle connaissance...
Sans éveiller l'attention des personnes présentes dans la taverne, je me dirigeai, en me faufilant habilement entre la foule, vers la porte donnant sur la partie habitable du bâtiment. Avant de franchir la dite porte, je jetai un dernier coup d’œil derrière moi. Dans un premier temps, mon regard se braqua sur l'homme que je traquais, puis il se dirigea vers les hautes poutres de la salle, balayant chaque coin et recoin de la charpente à la recherche de Nox. Lorsque je trouvai enfin mon jeune faucon, j'attendis qu'il soit attentif à moi et fis un signe discret de la main, lui indiquant de rester ici. Je franchis à la porte et me retrouvais dans la salle de séjour de mon la demeure de mon enfance. Je ne souhaitais pas m'attarder davantage ici. Cependant, tout en traversant la pièce à pas de loup, je pus m'empêcher d'observer cet endroit. À l'exception des meubles, tout était tel que je me le représentais dans mes souvenirs. Cela me faisait plaisir de voir ces lieux à nouveau aménagés et pleins de vie.
J'ouvris la porte donnant sur l'extérieur et pénétrai dans l'arrière-cour. Aussitôt, je refermai la porte derrière moi, me décalai sur le côté tout en me plaquant contre le mur de pierres, et attendis. Très peu de temps passa avant que la poignée de la porte m'émette un faible claquement métallique lorsque quelqu’un l'abaissa, et que la porte ne s'ouvre à nouveau. Dès que ce son parvint à mes oreilles, je libérai mon pouvoir. Je sentis le fourmillement et le picotement caractéristiques de ma magie parcourir mon corps. Instantanément, je m'étais volatilisé, devenant invisible aux yeux du monde, et une seconde après, l'homme que j'attendais franchit l'encadrement de la porte. Ne se doutant pas de ma présence, il continua à avancer. Dès qu'il m'eut dépassé, sans émettre le moindre son, je suivis. Lentement, je levai mon bras droit et le passai au-dessus de son épaule. En un éclair, mon bras se referma sur son cou et mon autre main se referma sur mon avant-bras. Sa gorge se retrouva alors coincée contre le creux de mon coude. Tirant en arrière et serrant du plus fort que je pouvais, je maintins ma prise quelques secondes, le temps qu'il perde conscience. L'homme n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait. Lorsque ma prise se referma sur lui, il haleta quelques fois, cherchant à inspirer de l'air qui ne parvenait pas à ses poumons. Il tenta vainement de se débattre et de se défaire de cette force invisible qui l’assaillait, mais il était déjà trop tard. Son corps devint mou lorsqu'il s’évanouit. Je le libérai, le laissant s'effondrer à terre, et dissipa la magie qui m'avait rendu invisible. Je pris un instant pour contrôler qu'il était toujours vivant. En le faisant, je m’arrêtai à nouveau sur son visage décidément trop familier. Une fois que fut fait, je pris l'homme sur mes épaules et me dirigeai en toute discrétion vers un endroit où je pourrais tranquillement discuter avec lui...
Éclairé par une simple torche plantée au sol, à côté de lui, j'observai le visage de l'homme depuis l'ombre où je me tenais. Je tentais vainement depuis une dizaine de minutes de me souvenir où j'avais déjà vu cet homme. Était-ce le père d'une des enfants qui me tourmentaient quand j'étais jeune ? L'avais-je vu lors des quelques années que j'avais passées à Adara ? Faisait-il partie des enchanteurs rebelles ? Je n'arrêtais pas de visualiser chaque personne qu'il m'avait été donné de rencontrer, les bonnes comme celles que je haïssais... Celle que je haïssais... La vérité sur l'identité de cet homme fut un choc pour moi. Maintenant, je voyais parfaitement qui il était. Il était là il y a six ans, lorsque je revins à Deneb pour la première fois, lorsque je vis ce qu'était devenue la taverne, lorsque j'appris l'horrible réalité sur la mort de mes parents, lorsque je découvris que j'étais un enchanteur. Je me souvenais maintenant de son visage. C'était lui qui m'avait découvert en train d'écouter ce que disaient son chef et ses bandits dans ce qu'il restait de la taverne. Lui qui m'avait maintenu à genoux lorsque son chef voulait me tuer. Je sentais encore maintenant ses mains se refermer sur mes épaules pour m'empêcher de bouger.
Malgré toute l'intensité que pouvait me procurer cette situation, je ne faisais qu'une chose : attendre que l'homme reprenne connaissance. Appuyé contre un mur, camouflé par les ombres, je ne bougeais pas. Je savais que mon visage et mon corps restaient impassibles et immobiles. Pourtant, au fond de moi, les sentiments se bousculaient. La joie d'avoir retrouvé un des hommes me permettant de remonter jusqu'au meurtrier de mes parents, se mêlait à la rage et à l'envie de le supprimer sur-le-champ... Après quelques instants, l'homme remua et gémit. Il se redressa sur ses coudes et genoux, et leva la tête en disant :
- Bordel, mais où je suis ?
Ni lui, ni personne d'autre en dehors de moi ne connaissait cet endroit. C'était un réseaux de salles souterraines que j'avais découvert étant jeune, lorsque je fuyais une groupe de jeunes me voulant du mal. Étrangement, bien qu'elles soient situées au centre de Deneb, personne ne semblait être au courant de son existence. De plus elles étaient très bien isolées, ce qui, depuis mon retour à Deneb, m'avait permis "d'encourager" certaines personnes à "coopérer" sans pour autant être inquiété par bruit que cela causait... Sans quitter l'ombre qui m’enveloppait, je répondis :
- Si j'étais toi je ne m'inquiéterai pas de l'endroit où je me trouve.
Comme si le son de ma voix lui avait fait peur, il se leva brusquement, mit instinctivement sa main sur la garde de l'épée qu'il portait à sa ceinture et se tourna dans la direction d'où venait ma voix. Je ne pus m'empêcher de sourire lorsque je vis l’expression de stupeur gagner son visage. Il semblait terriblement étonné de constater qu'il avait encore son arme et la totalité de ses possessions avec lui. Personne souhaitant enlever correctement quelqu'un, ne lui laisserait ses affaires. Toutefois, si j'avais agi ainsi, c'était pour que sa défaite soit encore plus humiliante lorsque le briserai.
- Écoute moi bien mon gars, t'as signé ton arrêt de mort... t'as fais une grosse, très grosse erreur en t'attaquant à moi. Je fais parti d'une des guildes les plus puissantes de la ville. On te traquera et on te fera payer ton insolence. Et t'en a fais une plus grosse en me laissant mon arme. - Oh mais je sais qui tu es et pour qui tu travailles maintenant : Fabian de la guilde des marchands. Et ni toi, ni tes employeurs ne m'inquiétez aucunement.
Il plissa les yeux, comme s'il essayait de voir à travers l'obscurité :
- Bon sang mais qui t'es?
J'avançai dans sa direction. Émergeant de l'ombre, je m'arrêtai à la limite du disque de lumière que formait la torche. Lorsqu'il me vit, l'homme recula d'un pas, prêt à dégainer et à m'attaquer. Je retirai alors le capuchon qui couvrait ma tête et masquait dans l'ombre une partie de mon visage, et le laissai tomber sur le haut de mon dos. Je répondis alors :
- Alors Fabian... tu ne te souviens pas de moi ? Visiblement interloqué que je connaisse son nom, l'homme ne répondit rien. Il se contenta de hocher afin de dire non. Peut-être que si je fais ça tu te souviendras.
À peine avais-je fini ma phrase que je laissai la magie m'envahir. Je disparus alors sous les yeux de l'homme. Celui-ci resta interdit. Je ne savais pas ce qui se passait dans sa tête, mais il resta totalement immobile, sans prononcer une parole, comme s'il avait été pétrifié. Sautai sur l'occasion et passai dans son dos. Avec le talon de ma botte, je lui assénai un violent coup de pied derrière le genou. Lorsque le coup fut porté, Fabian poussa un cri et se retrouva à genou. Avant qu'il ne réagisse, je me mis face à lui, pris sa tête entre mes mains et la projeta contre mon genou. Cette fois, il ne poussa aucun cri. Seul le bruit que fit son nez lorsqu'il fut écrasé, résonna dans la pièce. Après le choc, l'homme lâcha son arme et s'effondra sur le côté. Je redevins visible. Lorsque Fabian me vit à nouveau, il fut pris d'une crise de panique et se traîna en arrière jusqu'à ce que son dos ne rencontre un mur. Je me dirigeai dans sa direction et m'arrêtai à quelques pas de lui. Sur un ton ferme et menaçant je lui dis :
- Dis-moi où se trouve Alec.
Je n'obtins aucune réponse. Une peur panique l'empêchait de réagir à ce qui l'entourait. Seul un flot incohérent de gémissement sortait de sa bouche. Je me penchai vers lui et mon poing vient s’abattre contre sa joue. Le choc le sonna un instant. Pendant ce laps de temps, je ramassai l'épée qu'il avait fait tomber auparavant. Lors que je revins vers lui, les plaintes avaient cessé et il était à nouveau en mesure de parler. Je plaçai la pointe de la lame sous sa gorge et reposai ma question avec plus d'insistance :
- Où est Alec ? - Je ne sais pas...
Mon poing revient frapper la tête de Fabian et l'épée revint mettre l'homme en joug.
- Réponds ! - Je ne sais pas ! hurla-t-il. Après une courte pause il reprit plus calmement : Après avoir... tuer tes parents... on a essayé de monter notre propre affaire avec la taverne. Mais ça n'a pas marché et la guilde des marchants nous est tombée dessus. On ne devait pas avoir mes mêmes relations que tes parents pour rester indépendant. Certains on réussit à s’enfuir, les autres ont été arrêtés par la guilde. Ils nous ont proposé de rejoindre leurs rangs ou de nous tuer... Quant à Alec, je n'ai plus de nouvelles de lui depuis cette époque. Je sais juste qu'il avait réussi à s'échapper avec d'autres. Depuis plus rien. - Donc tu n'es pas utile. dis-je sur un ton froid. - Non non ! Attends ! Je connais quelqu'un qui sait probablement où il est ! - Je t'écoute. - Aujourd'hui doit passer à la taverne de la Nouvelle-Lune un nouveau de la guilde des marchands, un gars qui s'appelle Morathis. - Le chevalier d'Adara ? - Oui c'est ça. Il cherche des mercenaires pour une mission et je sais qu'un gars qui s'appelle Sven devrait normalement aller s'engager chez lui. - Et ? - C'était le principal lieutenant d'Alec à l'époque et je sais qu'il a réussi à s'enfuir avec lui il y a six ans. Si tu t'engages comme mercenaire auprès de ce Morathis tu auras de forte chance d'être avec Sven. - À quoi il ressemble ? - Tu ne pourras pas le rater, environ six pieds et demi de haut, les cheveux blonds, les yeux verts. - Tu as autre chose à me dire ? - Sven est une brute. Mais, même s'il ne brille pas par son intelligence, ce n'est pas non plus un abruti complet. - C'est tout ? - Oui, je n'en sais pas plus à ce sujet. - Bien... maintenant tu ne m'es plus utile.
Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu'il comprit ce que je m’apprêtais à faire. Avant qu'il ne puisse emmètre le moindre son de protestation, je plongeai la lame dans sa gorge. Un fin filet de sang commença à s'écouler de la plaie. Lorsque je retirai l'épée, l'homme plaça en vain ses mains sur son cou. Le sang coulait de plus en plus abondement et la vie le quittait encore plus vite. En quelques secondes son teint devint extrêmement pâle et il tomba sur le flanc pour ne plus jamais bouger. J'attendis un moment, sans rien faire d'autre que de regarder le cadavre inerte d'un des meurtrier de mes parents. Je me sentais satisfait d'avoir enfin progressé dans ma quête. Je me sentais également soulagé qu'une de ces ordures soit morte. Ce n'était qu'un juste retour des choses... Il fallait maintenant que je fasse disparaitre le corps définitivement. Je pris la dépouille de l'homme par le pied, ainsi que la torche, et la trainai dans une autre salle où se trouvaient une dizaine de jarres. Je la déposai au bord d'une profonde fosse et me mis à lui retirer vêtement et objet en tout genre. Je n'appréciai pas cette tâche, car j'avais l’impression d'être un petit voleur, un simple brigand de bas étage. Ce n'était pas comme ça que je concevais le vol. Enfin, c'était pas vraiment du vol, mais plus de récolte d'information. Le savoir c'est le pouvoir, et tout ce que je pouvais apprendre de plus sur les différentes guildes et personnes était bon à savoir. J'en profitai également pour récupérer l'argent que j'avais utilisé pour l’appâter. Je gardais la bourse avec moi et mis tout le reste dans une autre salle où je conservais les possessions de mes victimes. Puis je reviens près de la dépouille maintenant nue, sur laquelle je déversai le contenu d'une jarre. Du pied, je poussais le corps dans la fosse. Il fit une chute de quelques mètres avant de s'écraser mollement sur le sol en pierre. J'allumai une seconde torche qui suivit le même trajet que le cadavre. Lorsqu'elle entra en contact avec l’huile qui recouvrait le corps, cette dernière prit instantanément feu, consumant peu à peu la dépouille. C'était le bûcher funéraire d'un meurtrier. Je fis demi-tour et quittai mon antre secret...
Toujours en me faisant aussi discret que possible, je retournai à la taverne de la Nouvelle-Lune en empruntant un autre chemin. Je finis par entrer dans l'établissement par la porte principale. Rien n'avait changé depuis mon départ deux heures auparavant, si ce n'est cette table installée dans un coin fréquenté de la salle et qui semblait attirer passablement l'attention des gens ici présents. Seules quelques causes pouvaient être la source d'une telle animation. C'était sans me tromper que je pris la direction de cette table dans le but d’offrir mes services en tant que mercenaire et ainsi me rapprocher de ma nouvelle cible... Au fur et à mesure que je m'approchais, ce qui n'étaient que des bribes de conversation devinrent des phrases complètes et intelligibles.
Alors que je fus qu'à quelques pas de la table, un homme tira son épée du fourreau et se mit à menacer le représentant de la guilde des marchands, l'ancien chevalier Morathis. Ce dernier resta calme. D'une voix posée et ferme, il rappela que le contrat n'était nullement négociable. Intérieurement l’applaudissais le sang-froid de cet homme, car, même s'il faisait partie d'une des plus puissantes guildes de Deneb, la guilde des marchands ne lèverait pas le moindre petit doigt pour venger la mort d'une simple recrue. Dans cette ville, seuls les puissants, les forts ou les inconscients osaient faire preuve d'une telle audace. Comme il n'était pas quelqu'un d'important ici à Deneb et qu'il ne semblait pas être fou, il devait avoir une confiance absolue en ses talents martiaux. Je continuai à l'examiner minutieusement, attendant de voir comment la situation allait évoluer. Ce fut alors que je remarquai ses mains, toutes deux posées sur la garde de sa paire de glaives. Intrépide peut-être, inconscient sûrement pas. pensai-je... Exaspéré, l'homme assis à la table du chevalier se releva en renversant la table et quitta la taverne, accompagné de ses deux compagnons. Lorsqu'ils passèrent les trois à côté de moi, je les observai attentivement. Aucun d'eux ne correspondaient à la description de Sven...
Je repris mon chemin en direction de Morathis. Ce dernier s'était remis à une table et semblait attendre quelqu'un. Je ne pouvais dire s'il attendait une personne en particulier ou s'il patientait le temps qu'un autre mercenaire ne vienne le voir. Quoi qu'il en soit, je pris le devants et m'assis face à lui. Je rabattis mon capuchon sur le dos et, sur un ton neutre mais convivial, lui dis :
- J'ai cru entendre que vous recherchez des mercenaires. Je pense pouvoir vous aider.
Cet entretien ne serait qu'une simple formalité pour moi. Maintenant, j’espérais vivement la venue de Sven et la confirmation de son embauche. J'avais hâte de travailler à ses côtés. |
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