[Vous excuserez le manque d’intégration d’Éric par rapport aux vôtres. J’ai plus ou moins perdu le fil du RP (même si je l’ai relu avant d’écrire ma réponse) durant les derniers mois, et comme j’ai présentement envie de faire exploser Heathrow à cause d’une (AUTRE) erreur administrative, disons que mon p’tit gars va se prendre par la gueule ma propre frustration]
Le bruissement tapageur de la conversation lui emplissait les oreilles, lui martelait l’esprit de son acariâtre insignifiance, brume d’accusations saturant l’air de ses épaisses volutes cinglantes. Leurs paroles étaient insipides, desséchées, si exemptes de réalisme qu’elles ne pouvaient en rien chasser la saveur de la culpabilité qui lui emplissait la bouche depuis que Dean lui avait révélé le secret que lui et Malya lui avaient savamment caché. Ils n’étaient que des enfants, des imbéciles qui se jetaient la pathétique balle du blâme dans l’espoir que l’un d’eux se sacrifie et consente à la conserver. Par manque de maturité, d’aucun ne voulait admettre qu’ils étaient tous responsables du resserrement des règlements. Éric était assez lucide pour accepter consciemment d’avoir joué un rôle crucial dans l’éclat de Brian. S’il avait molesté son orgueil lorsqu’Hickory s’était moqué de son innocence, leur escapade n’aurait été qu’une brumeuse possibilité jamais réalisée. Le garçon ne comprenait pas non plus le dramatisme des règles nouvellement peaufinées. En vérité, il n’en avait rien à foutre.
La joute verbale à laquelle les autres s’adonnaient avec une puérile méchanceté lui donna bientôt la nausée. Et la spirale de douleur qui s’éveillait dans son crâne ne l’aidait en rien à garder son sang froid. La stupidité lui avait inculqué l’ordre de demeurer dans la cuisine, à être bafoué par les accusations ; le bon sens lui ordonnait de filer ventre à terre avant d’assassiner quelqu’un. (PDÉ : Au figuré, évidemment xD) Les maux de tête n’étaient jamais bon signe quant à son état et, depuis qu’il avait découvert en quoi ils étaient les précurseurs, Éric préférait s’éclipser.
Légèrement trop tard.
Le glacial baiser de l’épuisement, la fraicheur d’un frisson d’angoisse. Une ombre se prélassant près de l’orange flambée, s’allongeant au gré de la valse écarlate des flammes. Un éclat d’onyx, une odeur de rose, le sec craquement du parquet.
-Tu garderas tes doigts, mais ils vont être très sensibles pendant un moment. C’est la peau morte qui va tomber.
Les ténèbres déchirées par la chaleur incandescente de l’âtre, une silhouette vrillant d’indignation. Une maigre volute de fumée s’élevant mollement vers le plafonnier. Une odeur de cendre, de suif épicée lui emplissant la gorge, lui brûlant la bouche, menaçant de l’étouffer. Une voix raisonnante de rancœur.
-Ça m’amuse de t’enrager, fillette. Et je fais ce que j’veux.
Inconsciemment, Éric s’était pincé l’arrêt du nez, plissant les yeux jusqu’à ce les volutes bleutées, éclatante, s’estompent de son champ de vision. Il sentait peser dans son dos les regards incrédules des autres, auxquels il n’accorda pas un seul coup d’œil avant de s’enfuir vers sa chambre, la porte de la cuisine claquant derrière lui en un bruit assourdissant. Il voulait pleurer, et en paix.
[Voilà, c’est de là que doit venir sa mauvaise habitude de quitter la pièce frustré plutôt qu’avoir une conversation normale XD *de retour dans sa chambre québécoise xD*]
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~Seeing through the void..~